Le snobisme en dessous

Pas facile de vivre au milieu de plus malins que soi.
Le snobisme est une armure des gens bêtes.
A l’intérieur, un enfant effrayé,
par ces autres psychés,
complexes, rapides, acerbes parfois,
et plus en-dessous,
la marmite glougloutante d’une peur omniprésente:
ne pas plaire à ses parents.

Les défenses s’épaississent au fil de l’adolescence:
tribunal permanent, déconsidération des absents, réactions sévères aux critiques…
Le snob, au fond, est plutôt la Commune que l’Aristo.

Il fréquente ses semblables
mais la communication est superficielle,
châtelains s’envoyant des signaux de leurs tours.

Exception: L’Élu.
Il en faut un pour dire qu’on est Bonne Fille ou Bon Garçon.
Le snob a bâti ses murailles parce qu’il ne supporte pas le défaut de considération.
Il en faut un pour dire que les autres se trompent.

L’Élu, lui aussi, se tord les circonvolutions à l’idée que quelqu’un ne l’aime pas.
Il est ravi d’investir une forteresse aussi impressionnante que celle du snob.
Ainsi, ils se complètement parfaitement,
univers autonome qui parvient à éliminer tout extérieur indésirable,
amitiés recomposées, familles décomposées…

Ne voyez pas dans ceci, malgré les apparences,
un jugement péjoratif.
Ce comportement est pénible mais très efficace
dans une société infantile qui n’est pas tendre,
qui juge et ne sait pas quoi faire de ses condamnés.

Chaque culture a ses prisons,
le snobisme est anglo-saxon, les asiatiques utilisent la frustration…

Ces couples sont très solides,
mais comme une céramique,
un choc assez fort peut tout faire voler en éclats.
Si l’Élu réalise son faible degré de liberté personnelle…

Mais avez-vous envie de ramasser des milliers de morceaux?
Dites plutôt au snob qu’il est merveilleux,
seul moyen que ses murailles finissent un jour par devenir inutiles.

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