La recherche scientifique est-elle toujours productive?

L’essentiel:
-La recherche, en se dispersant et en excluant, ne risque-t-elle pas impopularité et perte de moyens?
-N’a-t-elle pas un problème de communication?
-Cf faible mobilisation pour défendre « la recherche », contrastant avec la popularité d’un Téléthon, qui collecte sur UN objectif de recherche.

Les fausses sciences n’ont jamais été si nombreuses.
Elles réclament la reconnaissance…
et les moyens qui vont avec.

La science officielle peut être accusée de diktat,
quand elle refuse de considérer une idée originale,
sous prétexte qu’elle est noyée dans un environnement de croyances et de superstitions.
Excuse: Les moyens de la recherche sont limités…
…Sont-ils déjà bien utilisés?

L’essor des fausses sciences vient en grande partie des croyants qui la financent.
L’indépendance de la littérature issue de ce support est douteuse.
Mais, rétorquent les croyants, il faut bien chercher soi-même les preuves,
puisque sans en avoir, la science officielle a déjà jugé leur foi.

N’est-on pas déjà dans une époque où le financement des fausses sciences
dépasse largement celui des vraies?
Les débouchés commerciaux d’une efficacité prouvée
surpassent pour des investisseurs
l’intérêt intellectuel de reconnaître une inefficacité.
La rentabilité a supplanté la vérité.

La vraie science ne disperserait-elle pas ses moyens
à analyser les fausses?
N’est-ce pas dommage de mettre à plancher de bons chercheurs
sur des postulats aussi invraisemblables que ceux de l’homéopathie ou de la numérologie?

La plupart du temps, plus le postulat heurte la logique, plus la démonstration de son inexactitude, si elle est avérée, est facile (1).
Pour tester des dilutions homéos censées agir à court terme,
il faut bien moins de moyens que pour des pilules anti-ostéoporose
censées diminuer le nombre de fractures au bout de plusieurs années.

L’image de la vraie science souffre,
-Parce que ses frontières sont floues:
L’étude menée par un laboratoire pour valider l’efficacité du médicament qui doit assurer son avenir
est-elle moins suspecte que celle qui s’enthousiasme pour une para-science?
-Parce que les moyens sont encore sous la dépendance d’individus, rarement de collégialités. Peu de comptes à rendre.
-Parce que beaucoup de gens la perçoivent comme suspecte
quand elle dit « ça ne marche pas »
alors que pour eux ça marche.
-> Besoin de mettre du « si ça marche, ce n’est pas pour cette raison que nous avons étudiée ».

Exemples de contre-productivité pour la recherche:
-« Les femmes acceptent-elles plus facilement une pilule contre l’ostéoporose hebdomadaire que quotidienne? » L’intuition pourrait répondre. Mais ce n’est pas scientifique. Débourser d’importants moyens pour le démontrer n’est donc pas inutile…
-La fibromyalgie: Ce syndrome douloureux a obtenu son statut de maladie, sous la pression des associations de malades et de médecins croyants. De gros moyens ont été attribués à sa compréhension, soutenus par des congrès internationaux. Pourtant, dans les couloirs, la plupart des scientifiques avouent que les patientes ont un profil de personnalité particulier. Mais le dire encourt l’accusation de négationnisme (2).
20 ans de recherches assidues n’ont rien trouvé.
Ce coût énorme, qu’en diront ses promoteurs si l’on conclue un jour qu’il faut la ranger dans les troubles psychiques, disons « tolérance anormale à la douleur d’origine multifactorielle »?
Le SIDA n’est toujours pas guéri. Ni de nombreuses autres maladies mortelles.
-Les multiples petites études hospitalières, sans grand intérêt parce que trop limitées, voire erronées dans leur formulation:
La situation s’est beaucoup améliorée avec les études multicentriques. Mais…
L’hôpital finance une recherche qui n’améliore guère son efficacité. Le patient collabore, par sa signature, aux études, sans connaître leur impact réel sur les soins, leur utilité publique ou commerciale.
Recherche et soins: à compartimenter.

La vraie science deviendra-t-elle une discipline parmi les fausses?
Budget des para-sciences en plein essor…
…tandis que celui de l’Espace s’étiole. Humanité atteinte de nombrilisme?
La recherche doit convaincre,
en s’interrogeant sur la pertinence de ses efforts.
Indépendante, unifiée, sans oeillères,
elle peut récupérer la confiance du plus grand nombre…
…et les moyens qui vont avec.

(1) Démontrer l’inexactitude d’une fausse science:
Parfois c’est impossible: Le postulat ne peut pas être infirmé. « L’âme existe » ne peut être prouvé ni réfuté.
Karl Popper a défini en 1935 une démarcation futée:
Une vraie science n’est jamais définitivement démontrée.
« Le faux peut impliquer le vrai ».
On peut au contraire mener des expériences pour l’infirmer,
et si elle résiste, sa validité est renforcée.
Une science qui ne peut être réfutée n’en est pas une. C’est une religion.
Une religion peut avoir des buts louables: Croire en un Dieu de bonté rassure de nombreux fidèles.
Elle peut être une exploitation: La Scientologie américaine ruine ses fidèles et a rendu son fondateur, Hubbard, multi-milliardaire.

(2) Il existe actuellement un véritable terrorisme intellectuel sur la fibromyalgie.
Beaucoup de patientes font un « lobbying » intensif auprès des profs de médecine.
Envisager que leur maladie, très lourdement ressentie, ne soit pas aussi « organique » qu’une myopathie ou une sclérose, leur est impossible.
Piégées dans la maladie depuis 30 ans, pour découvrir d’un seul coup que tout cet univers repose sur un mensonge?
Qui peut leur proposer une alternative?
Certainement pas les profs, qui gardent profil bas pour éviter de transformer leur consultation en champ de bataille.

3 réflexions au sujet de « La recherche scientifique est-elle toujours productive? »

  1. Le nombre d’études stupides est tel que Science et Vie y consacre une colonne tous les mois.

    Allez, une petite:

    « Lombalgie chronique: Il existe un lien entre la satisfaction au travail et les croyances en l’évitement lié à la peur »
    Traduction du jargon: Ceux qui pensent que leur travail les bousillent sont moins satisfaits de leur boulot.
    Ouiii !

    Réclamons l’argent de cette étude à ses promoteurs, pour acheter billards et tables de ping-pong dans les salles de repos…
    …un bien plus grand pas en avant dans la satisfaction au travail et la diminution des lombalgies.

  2. Cependant le but du post n’est pas d’enterrer les études « gloriole-chercheuses », mais de mettre l’accent sur tous ces traitements et conduites auxquelles les malades requièrent régulièrement, parfois affamant le portefeuille, et sur lesquelles la science est bien incapable de donner un avis…
    …autre qu’un parti-pris pédant, ce qui est bien peu scientifique.

  3. Stop aux études bidon !

    Il reste tellement de protocoles médicaux couramment pratiqués dans les cabinets
    dont le rapport bénéfice / risque n’a pas été clairement établi.
    Voici de la recherche instantanément utile pour le médecin, obligé d’informer le plus complètement possible son patient, en particulier des effets secondaires graves potentiels, et n’ayant que son avis personnel quant au bénéfice.

    Exemple d’une infiltration du rachis pour sciatique: accidents exceptionnels mais parfois graves. Le minimum serait de pouvoir dire au malade quelles sont ses chances d’éviter une opération. La littérature ne permet pas précisément d’y répondre.

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