Camarades médecins

L’essentiel:
-Au coeur du système de santé, le médecin n’en influence plus la politique.
-Libéral? Non. Fonctionnaire.
-La solution est-elle l’ultra-libéralisme? Voyons les risques…
-Et si chacun négociait sa convention individuelle?
-La profession aura-t-elle le courage de sortir du communisme aveugle?

En une trentaine d’années, les médecins ont perdu toute influence sur la politique de santé.
Qu’ils soient nombreux sur les bancs de l’Assemblée n’y a rien changé.
Accrochés à une vision aristocratique de la médecine, leurs aînés furent obnubilés par la préservation des avantages acquis (les leurs). Ils ne firent pas un geste pour empêcher la fonctionnarisation des générations suivantes.

Fonctionnaire? Le médecin n’est-il pas le libéral-type??
Voyons…
-Un paiement à l’acte identique quelle que soit l’expérience, la qualité du service rendu, la concordance avec les bonnes pratiques, le succès rencontré…
-> Pas utile de s’améliorer pour augmenter son revenu. Les heures sups sont la seule solution.
-Un unique employeur: la sécu. Qui décide seule du tarif, peu entravée par des syndicats inefficaces parce que très catégoriels.
-Un protectionnisme certain: Tentez d’attaquer un fonctionnaire pour travail médiocre…
-Un riche CE financé par l’industrie pharmaceutique.
-Une paperasserie exhubérante, un contrôle informatisé de plus en plus strict.

Quelques dinosaures survivent, c’est vrai: Les médecins hors convention.
Anecdote réservée aux nantis.

Peu de praticiens osent la décision individuelle de quitter la convention.
Une spirale a vidé la substance libérale de ce métier:
Consultations dévalorisées
-> multiplication d’actes courts
-> vides de sens (renouvellement d’ordonnance, certif, prise de TA, contrôle d’une prise de sang…)
-> patients qui ne seraient pas très motivés pour les payer de leur poche
-> sans la sécu, la salle d’attente serait bien clairsemée.

La solution n’est pas l’ultra-libéralisme.
A moins de jouer le jeu jusqu’au bout: Plus de protectionnisme.
Ouverture du « marché » médical aux étrangers. Médecine sur internet. Remboursement des assurances pour des soins effectués (à meilleur rapport qualité/prix) dans des cliniques étrangères.
Le médecin français n’est pas sûr d’y gagner!..
Mieux vaudrait négocier ses honoraires.
Mais comme un véritable fournisseur de services: Meilleure qualité, meilleure rémunération. Incitation à la spécialisation. Ce qui prend du temps (entretien psychologique, examen clinique détaillé), je le vends au juste prix.
Au passage, pour nos gouvernants, est réglé le problème de surpopulation médicale des centre-villes:
Trop de fournisseurs: les prix baissent. Désert médical: pont d’or pour le praticien, avec durée inscrite au contrat (Cf exemple des îles où on se remplit les poches en 6 mois pour s’acheter ensuite le cabinet de son choix).

Convention individuelle: Le vrai libéralisme. Une carrière pour le médecin. Une retraite contrôlée, au lieu qu’elle soit otage des caisses et de la répartition. La possibilité de vendre des services au privé s’il est plus compétitif que les organismes sociaux. Qui devront eux aussi améliorer leur productivité pour adapter leur offre.

La fin du dernier communisme aveugle: celui des médecins.

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