Qui veut faire du syndicalisme?

L’essentiel:
•Le syndicalisme doit affronter un paradoxe: Il veut améliorer la machinerie de l’entreprise alors qu’il contient des éléments « grippants »
•Le consensus est le meilleur compromis, pas la meilleure solution
•Les médecins sont des entrepreneurs… qui ont abandonné leur rôle de gestionnaires pour devenir des ouvriers de la santé…
•et créer un syndicalisme catégoriel

Qui veut faire du syndicalisme?
Pas les satisfaits du système. 2 motivations en fait, souvent associées: 1) Un ego mal contenté (incluant une rémunération jugée insuffisante), 2) Des difficultés avec l’employeur, parce que le travail effectué ne correspond pas aux attentes.
Un paradoxe pointe: Se retrouvent propulsés aux premières places des discussions sur le fonctionnement de l’entreprise… des employés dont le travail n’est pas conforme.
Un inconvénient? Pas forcément. Si l’entreprise est mal gérée, c’est plutôt bénéfique.
Mais si l’entreprise fonctionne bien, ces employés devraient plutôt la quitter.
Trouve-t-on parmi eux de bons managers? Les exceptions sont nombreuses mais… majoritairement non. Le syndicalisme a démarré et prospéré parce que les managers du moyen-âge industriel étaient de très mauvais socio-psychologues, incapables d’appréhender l’univers de leurs employés.

La situation s’est améliorée, mais le syndicalisme s’est introduit entretemps dans l’univers du management, et la porte ne s’est pas refermée. Le consensus règle la vie de l’entreprise. Or, par définition, ce n’est jamais la meilleure ligne de conduite: Elle satisfait le plus de monde. Mais les visions sont différentes sur un même problème. Si l’une s’avère en réalité la meilleure pour tout le monde, elle va être modifiée par le consensus.

Le rôle du syndicalisme doit être nuancé par le secteur d’activité.
Dans le monde de la santé, les médecins ne sont pas des employés mais les chefs d’une entreprise… unipersonnelle (la plupart du temps). La sécu n’est pas un employeur mais le financier.
Qu’attendre d’autre d’un tel service qu’un contrôle… comptable? Pourquoi les médecins poussent-ils des hauts cris quand la sécu leur parle en chiffres? C’est son rôle.

La politique de santé, si elle doit naître quelque part, ne peut le faire que chez les médecins. L’acte de soigner, la relation qui l’entoure, se niche dans le cabinet médical, pas dans les bureaux de la sécu ou du ministère.
Les médecins, en donnant bon gré mal gré leur pouvoir à des syndicats bâtis sur le modèle ouvrier… n’ont pas joué leur rôle. Eux qui sont entrepreneurs, ils n’assistent pas au conseil d’administration.

Ce conseil, il est vrai, est riche de 170.000 membres. Pas facile de dégager une ligne de conduite commune, surtout en restant confraternel (clientéliste?).
En fait, pour ne mécontenter personne, il n’y a plus une seule phrase disponible!
Ah si… « plus de sous ».
Là, toutes les têtes opinent.
Malheureusement, ce large consensus de l’action syndicale a fait des médecins français parmi les moins rémunérés de leurs homologues occidentaux. Vus en plus comme de gros profiteurs parce qu’ils font des dépassements…

Loin d’être entrepreneur, le médecin est devenu ouvrier de la santé.
Il s’est trop positionné comme relai du désir du malade, parfois justifié parfois non, alors qu’il doit défendre ses droits. Différence subtile? Dans un cas c’est la promotion d’un intérêt égoïste, dans l’autre celle de tous les intérêts individuels. Dans un cas il favorise la situation de ses adorateurs personnels, dans l’autre il aide déontologiquement l’ensemble des malades, aussi bien les siens que ceux des autres praticiens.

Certains flirtent avec l’hypocrisie absolue en défendant leur revenu sous couvert de slogans démagos « Halte au rationnement des soins » « Le ticket modérateur empêche le libre accès aux soins ».
Où sont les propositions syndicales pour l’amélioration de la qualité et de la compétitivité des soins?
Au lieu du requiem stalinien « C=CS=la même chose pour tous! »…

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