Sécu: Où est passée la solidarité?

La sécu a été créée dans une période de dénuement, l’après-guerre, toujours propice à la philosophie communautaire: quand on a connu le pire et qu’il n’y a pas grand-chose à partager, c’est facile de répartir.

Notre société actuelle de riches rentiers est moins partageuse. Surveiller son magot est une activité qui fabrique des Harpagons à la chaîne. Même les jeunes semblent étonnament attachés à la couette familiale. Beaucoup s’accrochent à leur première rente, parentale, comme s’ils n’avaient guère d’espoir de trouver mieux. Inquiétant univers fermé que leur ont fabriqué les adultes.

Comment faire le bonheur des autres?

Dans ce contexte, la sécu n’est plus cette grande chaîne solidaire censée atténuer les aléas de la vie. C’est un gros magot sur lequel chacun estime avoir des droits. « J’ai donné, je reprends ». « Je ne me suis jamais arrêté de ma vie, j’ai bien le droit de prendre quelques jours ». « Quand je vois ce que dépensent certains… ».

L’utilisation de la sécu est très pervertie par cet égoïsme rampant. « Si je n’en profite pas, je me fais couillonner ». Ce changement de mentalité vis à vis de l’institution est certainement un des motifs essentiels de son déficit abyssal. A l’époque où les gens la considéraient comme une association de bienfaisance, personne n’aurait eu l’idée de chercher à en tirer profit.

Mon propos n’est pas de faire la morale ou de tourner en rond autour de ce mur d’égoïsme qui s’est levé dans la société. Soyons plus pragmatiques: séparons le plus précisément possible ce qui relève vraiment de la solidarité (les maladies induisant un risque vital réel et sérieux) des choix de soins de confort faits par les consommateurs. La solidarité réelle serait ainsi toujours assurée par notre bonne vieille sécu, tandis le reste serait pris en charge par des assurances privées au choix de chacun. L’ampleur des économies potentielles donne le vertige: il y a là de quoi faire de la prévention des maladies une Réalité.

Au fait, savez-vous que le monopole de la sécu a été enterré par 2 directives européennes de 1992? Elles ont été transposées dans le droit français et de nombreux juristes soutiennent que les français ont tout simplement le droit de choisir intégralement leur assurance santé, pas seulement leur mutuelle. Vous imaginez-vous récupérer les charges sociales que paye votre employeur et chercher un assureur moins cher? Ceux qui ont fait le calcul avec des assurances chez nos voisins européens disent que leur salaire augmenterait de plus de 20%! Mais les tribunaux n’ont pas encore osé trancher en faveur de ceux qui ont voulu se désengager de la sécu. Pas motivés pour déraciner une montagne?

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