Mar 262016
 

Les deux feuillets les plus internes des méninges sont adhérents sur le cerveau parce qu’il n’est pas sensé valser dans la boite crânienne. Tandis que les racines nerveuses issues de la moelle épinière doivent parfaitement libres, en particulier sur les parties les plus mobiles du rachis, qui peuvent les étirer considérablement. La perte de ce mouvement pose des problèmes graves. Par exemple les personnes touchées par une fibrose péridurale post-opératoire souffrent en permanence d’une sciatique insupportable.

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Mar 202016
 

Fuyez les « meilleures façons de dormir ». Bien que nous ayons la même anatomie générale, chaque individu en est une version particulière, en particulier au niveau du système locomoteur, postural, et même sur la manière dont les trajets vasculaires et nerveux s’accommodent du voisinage de structures potentiellement agressives (os muscles fascias).

Nos particularismes ne s’arrêtent pas là. Nous mettons en place des habitudes pendant l’enfance et notre organisme y est adapté. Changer arbitrairement une façon de dormir peut entraîner des problèmes inattendus.
Par ailleurs certains d’entre nous présentent des problèmes que d’autres non pas. Inutile pour ces derniers de tenir compte des précautions des premiers. Par exemple si vous avez un cardia en bon état, quel intérêt d’adopter une position anti-reflux ?

Ecoutez ce que votre corps vous raconte. Méfiez-vous des sommeils trop profonds, quand vous êtes complètement épuisé : cela supprime les vagues émergements de la conscience entre 2 cycles de sommeil ; or ils sont indispensables pour accéder à une impression de position inadaptée et la changer (souvent aucune n’est favorable une nuit entière).

Seule habitude à essayer de changer : dormir la tête sur le bras relevé. Cela comprime les tendons de l’épaule entre tête humérale et acromion, entraînant leur dévascularisation et leur fréquente rupture chez les gens âgés. Si cette habitude est difficile à abandonner, essayez de changer le degré de rotation du bras d’une nuit à l’autre (on peut envoyer la main vers l’avant ou l’arrière).

Il est parfaitement possible de dormir sur le ventre. Certes cela oblige à une rotation cervicale qui peut être excessive. Pour l’éviter, il suffit de se mettre un oreiller voire deux, assez épais, sous le tronc du côté où regarde la tête, pour mettre le buste de 3/4 plutôt qu’à plat.

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Fév 132016
 

Une variante dans le complexe majeur d’histocompatibilité provoque la surexpression d’un gène appelé C4, selon une étude de McCarroll, comparant l’ADN de près de 29 000 schizophrènes à 36 000 témoins. Un excès de C4 au niveau des connexions synaptiques réduit leur nombre. L’élagage synaptique est un processus normal de maturation du cerveau pendant l’enfance, cependant l’augmentation du C4 rendrait cet élagage excessif.

Dans notre conception pyramidale du fonctionnement de l’esprit, les couches profondes de l’auto-organisation conceptuelle perdraient en fusion et en cohérence. Cette trouvaille expliquerait bien le début tardif de la maladie, habituellement à la fin de l’adolescence.

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Déc 242015
 

Les neurosciences inondent la médecine aussi bien que le grand public d’études bien senties sur les rouages cachés de nos comportements. Après la litanie d’enquêtes nutritionnelles ayant conduit le lecteur ordinaire à remplir son assiette comme si elle trônait au milieu d’un laboratoire, voici venue la même déferlante d’analyses de nos habitudes dramatiquement aveugles. A se demander comment chacun trouve ses chaussures le matin. Inquiétons-nous, non pas des conseils pertinents qu’il faut savoir dénicher dans cette logorrhée neurocognitive, mais de l’absence de théorie de l’esprit capable de les unifier. Malgré les moyens financiers énormes placés dans une approche purement neuroscientifique du cerveau humain, cette discipline ne nous fournit aucune explication de la formation et du fonctionnement de la personnalité. Qu’il ne faudrait pas réduire à une somme d’habitudes.

Expliquons-nous à l’aide d’un exemple tout frais : prenons deux articles se succédant ce mois-ci dans la revue Cerveau&Psycho, référence pour la vulgarisation des neurosciences :

reseau-mental

Le premier « Testostérone, l’hormone des justiciers », raconte que l’hormone préférentielle du mâle, réputée pour amplifier l’agressivité, est en fait associée également à l’honnêteté, l’altruisme et la générosité. Le second, sur les trucs des prestidigitateurs, démontre que dans certaines conditions (bien connues des professionnels de la magie), une personne occulte facilement un objet dans son champ visuel, et ce indépendamment de la partie où se fixe son attention. C’est-à-dire que si le magicien laisse tomber la pièce qu’il tient dans une main, peu importe que le regard du spectateur soit fixé sur cette main ou sur l’autre, il ne perçoit rien de la manoeuvre, la plupart du temps.

Ces deux enquêtes sont étonnantes. Elles semblent aussi solides l’une que l’autre. Pourtant elles se contredisent. L’une indique la façon dont notre esprit fonctionne, l’autre ne la comprend pas et nous fait tirer de fausses conclusions.

L’étude enrichissante est la seconde : elle montre un biais neurocognitif faussant la justesse des informations traitées par la conscience. Les illusions optiques forment le gros bataillon de cette catégorie. La conscience a un faible rétro-contrôle sur le traitement visuel. Les centres intégrateurs de la vision ont pour rôle de fournir une information cohérente et digeste. Les compromis qu’ils effectuent pour cela peuvent, dans des conditions heureusement inhabituelles, travestir la réalité. La connaissance de ces exceptions par la conscience ne permet pas de changer l’image perçue, mais de corriger leur interprétation.

Dans la première enquête, la testostérone n’est pas une information traitée par les centres sensoriels, elle est modulation du traitement d’une pulsion instinctive, présente en permanence dans la « motorisation » du psychisme. La testostérone n’est un déclencheur ni d’agressivité, ni d’honnêteté, ni d’altruisme. Dans la pyramide auto-organisée qu’est notre esprit, telle que nous l’avons décrite dans Stratium, la testostérone est un acteur majeur du niveau biologique, à sa base, tandis que les concepts moraux sont situés bien plus hauts, et séparés du premier par une multitude de petites indépendances. L’impulsion primitive, très en-dessous de sa transformation en concepts élaborés, est une incitation individualiste. Débouchant, à travers la pyramide organisée du Stratium, sur des ressorts de comportement associés de manière cohérente : agressivité (faire reconnaître l’existence de son individualité), responsabilité (s’attribuer la propriété de ses actes), assurance personnelle, altruisme (extension du sens de responsabilité à autrui à partir du moment où il a une bonne assise personnelle ; on verra par exemple surtout l’agressivité associée à la testostérone chez l’enfant, pas encore l’altruisme).

Le chemin emprunté par les pulsions amplifiées par la testostérone varie considérablement selon les personnes, à cause de tous les niveaux d’indépendance traversés. Ce qui nous conduit à la diversité observée : impossible de prédire le comportement d’un individu d’après son taux de testostérone, contrairement à ce que suggère l’enquête entre ses lignes. Statistiques générales inapplicables à l’unité. Information ne rendant guère service à une conscience, contrairement à la seconde enquête, où le biais neurocognitif est quasi-systématique, et où l’étagement du traitement de l’information, du stimuli visuel à l’accès conscient, est pris en compte.

Quelles conséquences tout ceci peut-il avoir sur la pratique médicale ?

Dans « Stratium » et le plus récent ouvrage « Diversium », nous avons pointé les effets désastreux de l’absence de théorie cohérente de la personnalité sur la médecine. Le praticien formé à l’université se débrouille assez bien avec les maladies purement restreintes à l’étage biologique du corps humain : domaine dans lequel il tend à se réfugier, et à s’enfermer, derrière les barrières salvatrices des guidelines. Dès que la maladie influence ou se fait influencer par les étages supérieurs du système nerveux, s’étendant vers la psychologie, le praticien devient dépendant de son intelligence sociale et émotionnelle personnelle, qualité pour laquelle il reçoit une rémunération inconstante… formée essentiellement d’empathie !

Or cette prise en charge multi-étagée est fondamentale pour une perspective exacte de l’état de santé du patient. Le réductionnisme biologique a conduit à inventer des maladies dont on ne trouve pourtant pas la moindre trace à cet étage, comme la fibromyalgie, avec un coût énorme pour les organismes sociaux. Démission de la médecine.

« Stratium » encourage à mener une consultation innovante : identifier le niveau d’origine d’une pathologie, et ses retentissements sur les niveaux adjacents. Sortir des paradigmes simplistes du « tout biologique » ou « tout psychique ». Tout problème est entièrement physique certes, mais le Corps n’est que la fondation d’une pyramide neurologique auto-organisée de façon complexe. Une simple boiterie retentit sur les automatismes de posture, et grimpe jusqu’à l’image de Soi. Réciproquement une dépression entraîne des troubles physiques, le corps ayant besoin de mouvement pour conserver des automatismes compétents. A quoi cette dépression est-elle réactionnelle ? Comment l’évènement incriminé a-t-il été traité ? Comment sont réglés les « outils » d’évaluation que sont l’anxiété, la logique, les différentes émotions ? Tout un champ d’enquête que nous confions à notre intuition, parfois avec bonheur, parfois avec des résultats médiocres parce que nous superposons nos propres étages conceptuels à ceux de la personne qui nous fait face.

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Déc 222015
 

Existe-t-il à ce jour une sérieuse Théorie du Tout ?

Nombreuses candidates, explorant chacune une facette spécialisée de l’existant… pas une seule ne relie tout. Elles se répartissent en 4 grandes catégories : mystiques, scientistes, humanistes, épistémologiques. Comment unifier ces systèmes de cohérence, quand chacun se présente comme discipline fondamentale de la pensée. Le mysticisme ignore superbement les découvertes scientifiques ; la science appelle Théorie du Tout une unification du monde physique qui réduit l’homme à un tas de particules élémentaires ; l’humanisme au contraire s’attache exclusivement aux contenus de la conscience, sans s’inquiéter de leur provenance ; enfin les épistémologues manquent de connaissances fondamentales assez poussées pour faire la leçon aux scientifiques.

David Chalmers affirme qu’en premier ressort, une vraie théorie du Tout ne peut se fonder uniquement sur les lois physiques, doit inclure la relation entre les processus physiques et l’expérience consciente. Pas de possibilité d’édifier une telle théorie sans comprendre, déjà, comment fonctionne la conscience.

Diversium-blogCette prescription est à la base du livre « Diversium, une théorie de Tout et de Toujours ». Le défi : respecter les données scientifiques, inclure notre outil à élaborer un espace conceptuel : l’esprit, enfin relier et non pas évacuer les suggestions théologiques ou philosophiques. La force de notre approche est son interdisciplinarité. Chaque spécialiste peut y trouver de nouvelles réponses car elle est, avant tout, un mode de pensée innovant.

La coeur du livre se déroule ainsi :

—Théorisation du fonctionnement de l’esprit humain, en accord avec les recherches neuroscientifiques les plus récentes : principe d’une pyramide auto-organisée dont les étages produisent une complexification croissante des concepts (assimilables à des lois d’organisation stratifiées), passant du biologique au mental, du réflexe à la réflexion.

—Extension du principe de stratification à l’organisation des niveaux successifs de la matière (partie de la pyramide allant des particules élémentaires jusqu’à notre système neurologique), ainsi qu’à l’organisation sociale (partie au-dessus de nos esprits individuels, qui en sont le support).

Toutes les disciplines sont ainsi concernées par cette théorie, dont l’apport essentiel est de n’enfermer aucune dans un cadre préétabli. Au contraire elle protège l’indépendance de leurs paradigmes respectifs. Le Diversium est une machine à diversification. Le niveau supplémentaire d’organisation que nous pouvons ajouter à notre pensée aussi bien qu’à la société se gagne en considérant toutes les alternatives et en les mettant en conflit.

Il ne s’agit donc pas d’une tentative d’enterrer ces conflits sous une théorie hégémonique mais presque de les exalter, afin d’aboutir à la meilleure issue, qui peut-être aussi bien une harmonisation, un dualisme ou la célébrité d’une solution nettement supérieure aux autres, colonisant le niveau d’organisation considéré.

Ce nouveau mode de pensée encourage à identifier le niveau du Diversium où s’ancre le paradigme que l’on veut utiliser. Un paradigme est un langage descriptif des lois d’organisation d’un plan spécifique. Sa puissance peut s’étendre aux niveaux adjacents mais s’épuise par l’addition des indépendances que forment ces strates. Par exemple le modèle standard règne en maître sur les particules quantiques, nécessite des corrections pour s’adapter à la réalité macroscopique, et n’explique en rien nos conduites humaines, beaucoup plus haut situées dans le Diversium. A cette altitude, chacun peut concevoir sa propre théorie de la personnalité, et survivre.

Notre mode de pensée stratifié résout de nombreuses impasses contemporaines de la connaissance, aussi bien en physique fondamentale, en médecine, en sociologie, en spiritualité.

Enfin cette théorie du Tout explique comment s’extraire elle-même du problème de la circularité.

En dix volumes, pensez-vous ? Non, seulement 30.000 mots…

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Sep 272015
 

Question posée sur Jim, comparant la modération très musclée de sites comme Futura Sciences à des chartes plus élastiques. Sujet méritant une large audience…

Un forum est un défouloir. On peut y dire n’importe quoi, et également réagir. N’est-ce pas un meilleur endroit pour le faire que dans la rue, avec ses poings, ou même dans une soirée entre amis, quand l’ambiance s’envenime parce que l’on s’est engagé sur un sujet politique difficile ? A l’instar d’un jeu vidéo violent, le forum expulse l’agressivité hors de soi. Il est le chiotte des opinions radicales ; c’est là qu’on vient les déféquer. Et le rôle du modérateur est de tirer la chasse. De diluer un peu cette merde malodorante.

Pour trier le bon grain de l’ivraie, existe un autre support : le blog, et ses commentaires triés par l’auteur : gardés s’ils apportent quelque chose de constructif à la discussion, éliminés s’ils sont hors sujet ou un coup de gueule sans intérêt. Les internautes se sentent propriétaires d’un forum public et supportent difficilement que l’on efface leurs commentaires ; ce n’est pas le cas pour l’espace privé d’un blogueur. Quand vous recherchez une information de qualité, vous êtes attentif à qui la donne, critère plus important même que la réputation du site. Personnellement je m’abonne à des fils de news choisis. Un forum n’est pas l’endroit où s’informer. Plutôt à fréquenter quand on a un peu de temps à perdre, et pour avoir une vision particulièrement exhaustive d’un sujet, et alors il faut accepter la faible rentabilité du temps passé à arpenter les messages inconsistants pour extraire les rares qui ont une valeur.

Si tout le monde a conscience du rôle de chacun de ces médias, alors il est possible de tout laisser dire. La présence de WC publics diminue la pisse épandue librement dans la rue.

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Sep 242015
 

La médecine libérale est en train de mourir de la confraternité.

Mutations profondes dans l’entreprise capitaliste d’aujourd’hui. Les frontières hiérarchiques s’estompent. Plus d’étages de commandement empilés en pyramide jusqu’au président-pharaon dictant son humeur du jour. Chaque membre de la structure est désormais un petit entrepreneur libéral, soumis à une unique contrainte : la définition de son poste de travail. Il existe une aire de tâches dont il est responsable. S’intéresser à toute activité secondaire en lien avec ses centres d’intérêts est possible. Néanmoins la priorité est toujours d’avoir son propre jardin tenu avec la meilleure efficacité.

Chaque façonnier est exigeant sur la qualité des matériaux fournis. Aussi bien fournitures, instruments, que services recueillis auprès des collègues. Chaîne collective. Pas de produit raffiné avec des pièces défectueuses. L’entrepreneur individuel est attentif à son environnement de travail. En retour, ses associés ont le même droit de regard sur la qualité de sa production.

Une firme moderne n’est plus l’association d’un vampire gras et prétentieux suçant les carotides d’ouvriers dociles, aux gestes mécaniques. Elle est une galaxie d’étoiles collées les unes aux autres, s’envoyant des nuages de gaz brûlants qui excitent leur propre activité. L’énergie collective croît, ramène davantage de gains, que les financiers de l’entreprise, lorsqu’ils sont avisés, partagent équitablement.

Une résurgence du communisme tel qu’il aurait toujours du être pensé : au sein d’un petit groupe et non d’une nation.

Qu’est-ce que la confraternité ?

C’est le respect envers une personne exerçant le même travail que soi. Louable. Auto-valorisant, puisque l’on reçoit la même chose. Malheureusement existe un sous-titre invisible : « peu importe la façon dont ce travail est exercé ». Oui, la confraternité c’est accorder considération à quelqu’un parce qu’il est placé sous la même bannière que soi, et non pour sa valeur intrinsèque.

La confraternité est un fossile abandonné par l’ère de la société rigoureusement hiérarchisée. Lorsqu’il suffisait d’être bien né pour se voir accorder importance et célébrité, l’humanité se divisait en 3 espèces : plèbe, aristocratie, et strate intermédiaire de ceux cherchant à échapper à l’une sans pouvoir accéder à l’autre. L’appartenance à une caste outrepassait les qualités personnelles. Le « poste de travail » englobait la vie entière de l’individu. Il fallait être un bon serf ou un duc éclatant. Cochon de ferme ou paon prétentieux. Cela aurait pu fonctionner si nous avions effectivement appartenu à des espèces différentes. Malencontreusement apparaissent des cerveaux brillants dans les taudis et des simiesques dans les palais. Que ces derniers aient trop dirigé les affaires du monde fut le début de la révolution démocratique — sans doute pas le système ultime, mais c’est un autre sujet —.

confraterniteBien protégés par un Ordre conservateur et des politiciens hésitants parce que toujours susceptibles de devenir patients, les médecins sont restés une aristocratie désorganisée, hébergeant dans ses rangs le meilleur et le pire. Une caste de barons faisant chacun la loi dans son castel. Vivant certes de ses services. Mais s’il y eût une époque où les clients insatisfaits pouvaient proposer leur maladie à un concurrent, actuellement tous les praticiens ont bien trop de travail pour s’inquiéter de l’évaluation par leurs patients. Tant qu’ils suivent les « guidelines », personne ne peut leur causer le moindre embêtement. Quand on pense que ces règles de bonne pratique ont été vendues comme protection des malades ! Gabegie.

Peut-on penser que la médecine libérale fonctionne comme une entreprise moderne, chaque homme de l’art pointilleux sur la qualité du travail de ses correspondants ? Non. Parce que cela fonctionne à sens unique. Prenons un fournisseur de soins spécialisés, de haute qualité ; il est l’un de ces aristocrates élitistes dont nous parlions ; mais il possède les moyens de ses prétentions ; que du positif pour la chaîne de santé. Exige-t-il en retour la même compétence de ses adresseurs ? Des patients bien sélectionnés, préparés, envoyés ni hâtivement ni tardivement ? Rare.

Tabou de l’évaluation en matière d’exercice de la médecine. Profession retranchée derrière les difficultés pratiques pour éviter que l’on vienne visiter ses donjons, explorer les fosses où sont enterrés les échecs thérapeutiques. Difficile, l’évaluation ? Pourtant tout soignant connaît avec une exactitude étonnante la compétence de ses correspondants dans les différents domaines. Il sait particulièrement bien l’indiquer à un proche. Quelle magie intuitive utilise-t-il donc pour annoter aussi précisément son carnet d’adresses ?

L’autre tare qui fait boiter l’entreprise de médecine libérale est l’absence de critère de productivité, de toute contrainte quant à l’utilisation des moyens financiers.

Je lisais récemment la révolte d’une jeune généraliste, Fluorette, contre la pression administrative des caisses. Joliment écrit mais aveugle à l’historique de sa situation. Rengaine du gentil médecin dévoué à ses patients face à l’immonde Sécu aux préoccupations technocratiques. Le tort ne revient-il pas aussi à ces médecins soucieux d’éthique et en même temps peu préoccupés de ce qui se passe autour d’eux, dans les cabinets des confrères, comme si nous étions une armée de saints ? Le tort ne revient-il pas à cet Ordre soucieux de perpétuer le statut de caste plutôt que de son impact sur la société ? Résultat : une petite délinquance médicale rampante, sur les actes, les arrêts, les auto-prescriptions d’examens coûteux, l’oreille complaisante aux laboratoires. De grandes déclarations, au sujet de l’intérêt des patients, cachant des revendications purement financières et égocentriques. Depuis 30 ans les médecins se dépêchent de traire précipitamment un système profondément laxiste en se demandant si ce n’est pas sa dernière année d’existence. La plupart se moquent de son décès. Ils sont à l’orée de la retraite. Jamais les médecins n’ont entrepris ce qui est le plus élémentaire pour une entreprise libérale de santé : un audit, une évaluation des pratiques, une amélioration de la productivité, une présentation des résultats au service financier de façon à cogérer avec lui les fonds investis. C’est pourtant ainsi que profite au mieux du système l’utilisateur final : le patient, qui est aussi l’actionnaire.

Les médecins sont englués dans la confraternité, en fait une fraternité à la con, synonyme d’aveuglement volontaire aux pratiques litigieuses de ses collègues, de manière à ce que les siennes soient pas non plus examinées de près.

Ainsi ont-ils perdu tout pouvoir sur l’organisation de leur métier, n’ont-ils aucune influence sur la gestion globale du système de santé, sont-ils obligés de geindre par l’intermédiaire de syndicats catégoriels pour obtenir des revalorisations d’honoraires, et ont-ils provoqué l’instauration d’une inquisition technocratique pour surveiller la moindre de leurs ordonnances.

Les médecins, enterrés dans un système de santé fortement hiérarchisé et cloisonné. Statut de cadre supérieur enviable. Aucun pouvoir, cependant, sur la direction. S’isoler est s’interdire un droit de regard sur les autres rouages. Alors que le médecin, en charge du coeur de l’entreprise Santé, la relation soigné-soignant, est de très loin le mieux placé pour harmoniser cet objet individuel avec l’intérêt collectif.

Continuerons-nous à pester contre le gardien de square ou allons-nous co-gérer avec lui l’utilisation de la pelouse ? Pouvons-nous rattraper 20 ans de retard, la faute à nos confrères aînés, trop piédestalisés pour s’élever davantage et se regarder exercer ? Les jeunes feront-ils faire mieux, redonneront-ils le goût de la médecine de famille à leur génération ?

En effet cette médecine-là n’a pas perdu une once de sa formidable nécessité. Si l’attrait chute, c’est parce qu’elle s’est laissée enclavée, comme un fonctionnaire de guichet à qui l’on déconseille d’être trop familier.

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Sep 212015
 

La dépendance est classiquement définie par la perte de liberté de s’abstenir malgré la conscience des dommages occasionnés par la consommation. Que veut dire « avoir conscience de quelque chose » ? Est-ce simplement se l’être entendu dire, ou l’avoir intégré dans son identité ? A quel niveau de celle-ci (même sans adhérer à la théorie polyconsciente, impossible de faire de celle-ci un passeport rangé dans un tiroir de l’esprit) ? Quelle distance avec l’automatisme démarrant l’usage de la drogue ?

Action et expérience. Idéalisées par le mode de pensée individualiste. Productives quand la personnalité a la cohérence nécessaire pour en tirer bénéfice. Dans le cas contraire ce peut être un effondrement, ou un boulet définitif accroché au pied du Stratium, cas de la drogue, addiction très bas située vers le biologique.

La part collectiviste de l’évolution personnelle est représentée par l’Observateur. C’est le dialogue entre lui et l’identité polyconsciente qui détourne des accidents les plus graves de l’existence, ceux que l’on ne souhaite pas aux enfants auxquels nous tenons, même étant partisans intellectuels de la diversité.

Ces accidents ne sont pas toujours faciles à identifier. Fumer son premier joint peut sembler anodin. L’une de ces expériences « nécessaires » pour un individualiste aveugle. Bien souvent, c’est le début d’une pente glissante. Impossible pour le descendeur de freiner. Dès lors l’accident est bien le fait de s’y être engagé.

Quel est l’objet de la dépendance ? Hypothèse primitive : la drogue elle-même. Focalisation, ensuite, sur l’effet recherché par la drogue (« l’expérience vécue sous psychotrope », Stanton Peele, 1982). Expériences comportementales, enfin, montrant que la force de l’habitude est telle qu’elle outrepasse la disparition du plaisir. Le mode d’accès à la récompense, dans la dépendance, est devenu une large autoroute neurologique, impossible à ne pas emprunter, peu importe la satisfaction réelle que l’on y trouve. En polyconscience, la drogue est une Persona géante, attachée à chaque facette de l’agir. Ce qui nous ramène à l’hypothèse primitive : la Drogue décide de s’auto-administrer.

La vision libertaire de l’addiction commence par un présupposé : que l’acte permette à l’individu de faire une expérience, éprouver, tant du plaisir que de la douleur et des inconvénients de franchir les limites. Interférence entre soi et le monde. Construction de son identité propre, résultat des négociations entre les pressions environnementales et son histoire personnelle. Un résultat propriétaire, dit-on.

Cette vision acquière une justesse croissante quand le squelette identitaire a commencé à durcir. Tandis qu’elle est totalement candide quand on est en présence d’une identité infantile. L’acte n’est pas fait par un esprit libre, c’est-à-dire suffisamment cloisonné de son environnement. Il est réalisé pour répondre à la pression de groupes d’intérêt qui changent radicalement à l’adolescence. Le groupe « parents » est remplacé par le groupe « potes ». Le premier est d’autant plus occulté qu’il n’a pas le loisir d’assurer une présence permanente (les deux parents travaillent), que l’adolescence est poussé à l’individualisme de plus en plus tôt (un pseudo individualisme qui est de rejoindre en fait plus rapidement la superconscience ado). L’adolescent ne choisit pas réellement ses potes, il s’agrège à ceux qui ont les mêmes références, vecteurs de succès ou de rejet. On s’agglomère par la réussite ou l’échec scolaire, par les signes distinctifs corporels, par les goûts musicaux ou vestimentaires. Cette nourriture identitaire étant symbolique de profils particuliers, elle est moins émancipatrice que conformiste du groupe auquel on se sent appartenir. Lorsque la drogue est initiatique dans le groupe, l’adolescent ne « choisit » pas d’en faire l’expérience, il se conforme à une épreuve d’entrée. Pire, quitter le rituel équivaut à se scinder du groupe. Ce n’est donc pas une expérience dont il peut se libérer d’un simple « Je n’aime pas ». Sa liberté est déjà aliénée. Volontairement, dira-t-on. Délicate frontière : à partir de quand l’aveuglement individualiste passe-t-il de starter à ensevelissement ?

Un starter ne doit pas rester tiré trop longtemps. Moteur étouffé.

La finition de la personnalité adolescente n’est pas le seul facteur important. L’autre, plus essentiel encore, est la ténacité des Observateurs environnants, et en particulier ceux des parents. Facile pour les adultes analysants et en situation personnelle stable de prendre un peu de distance vis à vis des expériences malheureuses de leur progéniture. Se convaincre que l’erreur est didactique, rester au soutien, encaisser les années difficiles… on anticipe un avenir plus rose avec une excellente probabilité. Qu’en est-il des parents vivant au jour le jour, confrontés à un présent perpétuellement agressif, des rémissions fragiles ? Ces Observateurs-là disparaissent rapidement de la Psociété adolescente, ou y sont infantilisés. Ce n’est plus le parent-guide, mais le parent-perdu. La victime à ne pas imiter. Pour ces géniteurs sans prise solide sur la réalité, l’enfant qui s’auto-gère est un souci en moins. Peu importe quelles règles il s’est choisit. A la société de contrôler. Mais celle-ci préfère en appeler à la responsabilité individuelle quand ça l’arrange et ne se préoccupe guère de remplacer les éducateurs défaillants.

Constatons au bout du compte que tous les acteurs du drame de l’addiction ont un comportement parfaitement utilitaire ! Chacun est cohérent dans son système de référence, en réponse aux pulsions fondamentales qui escaladent son Stratium. D’où viennent alors les dysfonctionnements ? Pourquoi n’est-il pas plus simple d’empêcher les dérives individuelles ?

Avec une vue d’ensemble il n’est pas certain que, collectivement, le système soit dysfonctionnant. L’esprit humain se référant à des contrastes, ce sont les destins ratés qui lui indiquent le meilleur chemin. Voie ne restant pas royale éternellement. D’autres « ratés » la déplacent. La société traversée est elle-même en constante évolution.

Néanmoins si nous pouvons être, conceptuellement, partisans de la diversité, nous ne souhaitons pas le rôle de référence négative à ceux qui nous sont chers. Dilemme. Comment se comporter, en tant qu’éduquant, pour ne pas nuire au caractère propriétaire du destin de notre progéniture, tout en l’amenant en terrain sûr ?

J’avais dans un livre précédent opposé la politique de l’enceinte à celle de l’élastique. L’« élastique », c’est le parent qui s’oppose immédiatement à tout comportement qu’il estime nocif pour son enfant, avec une force proportionnelle à sa dangerosité. L’« enceinte », c’est dire : « Tu peux expérimenter tout ce que tu veux, mais les limites sont ici ; voici, pour l’instant, les interdits que tu ne peux pas franchir ». Le « pour l’instant » est très important, appuyé. Sinon, bien sûr, c’est une tentation irrésistible. Probablement les interdits seront-il essayés malgré tout, mais alors le parent doit se montrer intraitable dans la punition. Le rejeton acquiert ainsi la notion que l’univers n’est pas constamment gentil. Un dragon peut se cacher derrière cette enceinte, emplie d’empathie.

La version complète de cette politique éducative est de placer une succession d’enceintes, depuis le parc du nourrisson jusqu’à la triade d’interdits encore essentielle à l’adolescence : drogue-alcool-tabac. Ces enceintes s’ouvrent les unes après les autres, chaque étape initiatique franchie. Au final le premier joint peut être allumé en compagnie des parents. L’instant ne sera pas anodin. Pas une simple « expérience ». Mais l’accession à la possibilité (rien d’obligatoire) d’éprouver détente et plaisir dans des contextes sociaux bien cadrés. Pas d’en faire l’ami du quotidien.

Rien d’original dans cette démarche, me direz-vous. C’est déjà ce que tentent intuitivement la majorité des parents. Sans doute, mais alors pourquoi tant d’addictions ? L’intuition ne serait-elle pas remplacée fréquemment par des discours fascistes de la panconscience ? Drogue démoniaque, morbide, vampirisante, ou au contraire injustement diabolisée, objet de bigoterie des ascètes du plaisir. Ces repères acides dissolvent le bon sens parental, empêchent la mise en place des strates éducatives naturelles. D’autres injonctions panconscientes sont péjoratives. Même la politique d’assistance sociale en contient. Qu’indique-t-elle d’autre que la possibilité de reporter sa responsabilité éducative sur la société ? En fait tous les discours généralisateurs détournent de l’évidence : chacun de ces jeunes esprits affronte l’environnement de manière singulière. Il faut ignorer les repères autocratiques, tant ceux de l’Inquisition que du Libéralisme. Les seuls à conserver sont ces enceintes successives, sans qu’elles se rapportent à un âge ou une définition précise. Valorisons l’intuition de la relation parent-enfant, une oscillation permanente entre empathie et rejet, en la nourrissant de faits avérés, d’histoires authentiques : effets biologiques démontrés pour les drogues, destinées addictives, résiliences.

En plaçant des cloisons autour des oscillations de chaque existence, nous pouvons éviter que tant d’élastiques se rompent.

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Mai 052015
 

Tanezumab : anticorps monoclonal anti facteur de croissance du nerf (NGF). Essayé sur coxarthrose et gonarthrose versus placebo et naproxène. Meilleur que le placebo, pas meilleur que le naproxène avec un dosage à 10mg et paradoxalement un peu meilleur avec un dosage plus faible à 5mg.
2 injections IV à 1 mois d’intervalle. Qu’en penser ?

Il faut savoir que l’étude du tanezumab a été suspendue par la FDA, temporairement, à cause d’arthropathies destructrices survenues conjointement avec l’utilisation d’AINS (y compris sur des articulations non portantes). En fait ce produit semble pouvoir provoquer des atteintes semblables aux neuroarthropathies, ce qui peut se comprendre : le principe est de réduire la douleur en empêchant la pousse du nerf dans les régions enflammées. Ainsi… la personne peut continuer le mésusage de son articulation sans aucune sensation pénible. Géniale, cette idée, non ? On peut se demander parfois ce qui passe par la tête des directeurs de recherche. Quels moyens ont été engagés sur des préliminaires aussi stupides ? Et il faut massacrer quelques articulations dans un essai de phase 3 pour s’en rendre compte. Tout ceci pour tenter de nous vendre à prix d’or un produit intra-veineux (un anti-pousse des nerfs par voie générale !) qui ne fait pas mieux que le naproxène ??
Il y a vraiment, de l’autre côté de l’Atlantique, des gens qui marchent sur la tête…

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Avr 202015
 

Le problème d’un très grand nombre de procédures sociales est que leur traitement devrait être inégalitaire pour être juste.

Le recours aux soins, par les abus dont il fait l’objet, en est un excellent exemple.
Voilà qui semble diamétralement au-delà de la compréhension d’un ministre de la santé.

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Mar 182015
 

« Effet qui s’épuise » veut dire recrudescence des douleurs et d’autres symptômes éventuels.
Les deux premières questions, intriquées, sont :
N’existe-t-il pas une autre maladie qui démarre ?
N’est-ce pas un effet secondaire du traitement ?
Rechercher en particulier une infection, plus fréquente sous anti-TNF. Cependant toutes les maladies sont possibles, autres inflammations, ischémies, etc… Continue reading »

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Déc 052014
 

La poussée de l’individualisme a créé paradoxalement un handicap terrible au travail : l’on n’a jamais envie de travailler excessivement pour soi. Si je suis déjà « tout », pourquoi m’échinerais-je à m’étendre ? Quelles sensations supplémentaires cela va-t-il m’apporter ? Ne sera-t-il pas de plus en plus difficile de nourrir cette amibe affamée ? Je connais déjà, dans mon état « réduit », les manières les plus faciles d’accéder au plaisir. L’ambition risque de me faire perdre ces douillettes récompenses.

L’envie de travailler, ainsi, est un désir de s’épuiser pour quelqu’un d’autre. Quels astres voudrais-je voir orbiter autour de moi, leur chaleur amplifiant mon propre feu intérieur ? Parmi toutes ces entreprises individuelles étrangères, lesquelles justifient les investissements les plus enthousiastes ?
Les plus prometteurs sont nos enfants, auxquels nous avons injecté le capital de nos gènes. Les Bourses ont donné vie… Ailleurs, c’est l’aventure. Le capital-risque ! Plus l’on éprouve de la tendresse pour le monde entier, plus l’on travaille pour n’importe qui.

En médecine, c’est une telle humeur qui fait le praticien empathique ou formaliste. Le second travaille pour lui, sans excès, le premier pour les autres, sans frontières.

C’est aussi le terrible problème qu’affronte la médecine du travail. Alors qu’on tente de réduire celle-ci au repérage de gestes traumatiques, ses patients sont presque toujours des personnes qui ont perdu les autres pour qui passionnément travailler.

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Nov 112014
 

Pour fêter la publication officielle aux éditions l’Harmattan de « Stratium »,
le livre qui ne fera rien de moins que révolutionner ce siècle,
voici une nouvelle fournée de bulles pétillantes issues de sa suite, presqu’au terme de son chantier.
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Tenant compte des deux observations que « nos politiciens sont de vrais crétins » et « on a les politiciens que l’on mérite », je m’abstiens d’aller voter…

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Les sites de rencontre pour gens déjà mariés font enfin jurisprudence. Il est désormais légal que le budget conjugal serve à payer les amants…

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Le chemin vers l’intelligence artificielle est raccourci par une tendance parallèle de l’être humain à devenir artificiel.

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Proverbe stratique : Tout adolescent a un bon fond. Le problème chez certains est que pour l’apercevoir, il faut constamment agiter la merde qu’ils ont dans la conscience.
(ce proverbe n’a qu’un seul but : soulager tous les parents qui auraient voulu l’écrire sans s’y résoudre)

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La logique est l’ascèse de la pensée humaine dans son obédience au réel.

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Pour exister, on vendrait tout ce qui existe, et alors on se serait plus rien.

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Que tous les gens puissent adhérer aux mêmes concepts est un progrès social, mais un appauvrissement de l’éco-système intellectuel.

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Je me demande à quoi l’on peut bien s’occuper au Paradis. Déjà qu’on passe sa vieillesse à ne savoir quoi foutre…

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L’Histoire est un lieu où l’on vole du pouvoir,
tandis que l’Inventeur crée le sien.

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L’anatomo-pathologiste est un professeur devant lequel mieux vaut échouer.
A moins de vouloir se faire dire que l’on peut passer en (phase) terminale ?

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La médecine prise en flagrant délit de sale gueule : elle dépiste les pro-trombine et les anti-trombine…

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La profession médicale ne forme plus des ingénieurs en diagnostic individuel mais des techniciens de l’Evidence Based Medecine.

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Au plan social, il est aussi difficile de faire parler les médecins d’une seule voix que faire chanter des coqs dans une chorale.

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Des deux aphorismes précédents concluons que les médecins font tout à l’envers : ils uniformisent le discours dans leur cabinet, siège pourtant dédié à la diversité de la relation médecin-malade, et ne souhaitent aucunement s’unifier en dehors pour décider du destin de leur profession, un acte fondamentalement collectif.
Quelqu’un m’écoute ?
Non. Un cocorico parmi les autres…

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Les faibles sont pitance,
les forts s’en remplissent la panse.

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L’anticipation semble tellement utile. Pourquoi ne sommes-nous pas tous affairés à nos plans d’avenir ?
L’oracle a l’inconvénient de souligner horriblement les défauts d’aujourd’hui, à notre conscience baignant dans ce présent.
Il faut déjà ingurgiter beaucoup d’anticipations pour l’en extraire.

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La question de l’existence d’un Paradis n’offre aucun intérêt propre. En fait elle implique que la vie sur terre est un Enfer. Là est le véritable problème.

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De la difficulté d’être femme
Plus merveilleuse est la beauté avec laquelle elle s’élève comme une fusée dans la société, plus rude est l’alunissage.

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Je pense, sur la fin de ma vie, convertir ma fortune en denrées périssables, pour obliger mes héritiers à se mettre très rapidement d’accord sur le partage…

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Nov 102014
 

(extrait des « Trucs de médecine familiale » du site)

La grande majorité des infections des voies respiratoires supérieures sont des viroses. Les antibiotiques sont inefficaces sur les virus. Par contre les lésions induites par la réaction inflammatoire contre les virus peut léser la barrière protectrice des voies respiratoires, constituée d’une couche de mucus et des cellules de la muqueuse (membrane tapissant l’intérieur des conduits aériens, bouche gorge trachée bronches alvéoles pulmonaires). Ces lésions servent de porte d’entrée aux bactéries, normalement présentes à la surface du mucus, qui deviennent opportunistes : elles infectent l’intérieur de l’organisme.

En pratique les antibiotiques ne sont utiles que dans deux situations : Continue reading »

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Nov 092014
 

homme-mortLes couronnes d’oeillets, dans le cimetière, me semblent les yeux de cyclopes immobiles, séides patients de la Mort, guettant la moindre pause des battements dans ma poitrine, ce pas cadencé qui garde de la Grande Faucheuse. Les pierres tombales ne sont-elles pas basculantes, langues ouvrant sur de larges gueules avides d’enfourner le promeneur imprudent ?

Le rite mortuaire laisse une frustration terrible dans l’esprit de ceux pour qui le défunt comptait vraiment. Il n’est qu’un repère de politesse sociale. Une cérémonie ne suffit pas à donner du sens à une disparition. Les repères servent à en construire d’autres et s’étayer mutuellement. Ils ne peuvent pas occuper une portion de néant. Le décès d’une moitié de soi est la fugue de la moitié de l’esprit hors du Réel, parti à la poursuite de celui qui manque. C’est pourquoi l’endeuillé semble absent. L’un de ses hémisphères flotte dans un parloir onirique, attendant que se présente de l’autre côté une voix aimée, qui ne vient jamais.

Pour que la vie parvienne à inclure son début et sa fin, son sens doit être extrêmement puissant. Ce n’est pas lors d’un enterrement qu’il se construit. Sa recherche démarre bien avant. Lorsque nous sommes bouleversés, émiettés, dynamités par la perte d’un proche, sédimentons lentement sur deux questions :

Avons-nous trouvé un sens à notre propre vie ? La disparition du défunt nous confronte-t-elle à cette angoisse de périr sans avoir eu de raison d’exister ?

Étions-nous projetés dans la conscience du défunt, y cherchions-nous une prolongation de notre propre existence (quand c’est un enfant qui meurt), et sommes-nous anéanti par la perte de sens que représente la disparition de ce réceptacle ? N’avons-nous pas, dans ce cas, investi trop en totalité nos espoirs au même endroit ? N’aurions-nous pas négligé d’autres cibles merveilleuses pour notre amour ?

Des questions difficiles. Souvent il suffit de se les poser, sans y répondre. Simplement pour engager sa résilience. Vous rétorquerez sans hésiter que vous et le défunt formiez une entité synergique. Les deux ensemble étaient beaucoup plus grandioses que leur simple somme.

Rien à se reprocher. N’attendez pas, alors, pour vous re-procher, c’est-à-dire resserrer votre ceinture de proches, s’efforcer de faire mousser votre bain social.

Vous continuez à pétiller et pourtant tout a changé : vous avez désormais une ombre supplémentaire…

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Nov 082014
 

C’est une page entièrement nouvelle de l’histoire du comique qui est en train de s’écrire : l’Evidence Based Medecine s’attaque à l’émotion et au tempérament (1). A grands frais et au terme de profondes ruminations, l’on parvient à transférer dans la section « niveau satisfaisant de preuve » des notions que notre espace phénoménologique possède déjà vers l’âge de deux ans.

Dernière acquisition admirable : les affects jouent un rôle critique dans l’expérience de la douleur ! L’équilibre entre les négatifs (peur, honte, colère…) et les positifs (enthousiasme, bonheur, engagement…) retentit sur notre état de santé. Evaluation démontrée chez les fibromyalgiques, premières à bénéficier de cette percée. Elles ont en majorité un style affect « dépressif » tandis que le style « sain » expose très peu à la maladie. Les recherches sont en cours pour trouver la molécule qui permet de transformer le mauvais style en l’autre. Le traitement est à notre portée !

Je vous livre telle quelle la conclusion, qui est à se rouler par terre :

« Les résultats suggèrent que le style affectif « sain » est associé à un profil de symptômes psychologiques et physiques meilleurs. De futures études évaluant ces associations longitudinalement pourraient fournir un rationnel à l’évaluation de l’effet des interventions psychologiques sur l’équilibre de l’affect et les conséquences cliniques dans la fibromyalgie. »

Des gens sont salariés pour ça. Quand la science oublie de se distribuer des bonnets d’âne…

Ce qui est génial avec la médecine fondée sur les preuves, c’est que nous allons bientôt pouvoir proposer des aventures extra-conjugales à nos fibromyalgiques en leur disant : « Mais regardez les études : le plaisir fonctionne mieux que les anti-douleurs ! C’est prouvé. » 

Enfin une AMM pour le raccordement érotique…

(1) Pleasure, pain and the protective effects of happiness, K Sibile et al., IASP 2014, Buenos Aires, 6-11 octobre 2014

Échelle visuelle analogique du bonheur

Échelle visuelle analogique du bonheur

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Nov 012014
 

L’EBM (Evidence Based Medicine) est fort avare. Face à l’un des symptômes les plus communs, la lombalgie, il n’existe aucune thérapeutique ayant montré un niveau de preuve suffisant pour le médecin rigoureux. Même le repos n’a pas d’efficacité, voire sa dangerosité se confirme. Aucun traitement ? Pour une affection représentant 1 motif de consultation sur 5 en médecine générale ?

Yes !!! C’est l’occasion de mettre en oeuvre un paradigme concerté avec l’EBM, pour lequel j’espérais depuis longtemps un essor fulgurant : la SBM, Sloth Based Medecine, ou médecine fondée sur la flemme.

Voici la technique : vous placez vos jambes étendues sur le bureau. Vous écartez légèrement les pieds en éventail de façon à placer le visage désespéré du patient bien au milieu du ciseau qu’ils dessinent. Vous pouvez jouer à refermer 2-3 fois pour décapiter son image. C’est assez déstabilisant pour lui et vous récupérez immédiatement tout le pouvoir qu’il aurait songé à vous soustraire par ses questions stupides.

Vous aurez pris soin de chausser vos lunettes avec des yeux peints. Ce regard fixe et impératif s’occupera de l’immobiliser sur sa chaise comme une souris prise au piège, tandis que vous ferez une petite sieste pendant l’énoncé toujours excessivement durable de sa souffrance.

Quand il se tait enfin, ouvrez assez largement la bouche, et restez ainsi quelques instants, pour bien souligner l’importance de ce qui va en sortir. Vous pouvez retrousser légèrement les lèvres pour accentuer le côté carnassier de vos paroles. Mobilisez vos glandes salivaires pour accompagner d’un flot de postillons cette parabole inoubliable :

« Ne changez rien ! ».

Si vous manquez encore un peu d’assurance, ajoutez avec de grands moulinets de bras et en déambulant à travers la pièce : « Ne modifiez aucunement votre comportement. Evitez les médicaments. Tenez-vous loin des attouchements érotomanes des ostéos et des kinés. L’évolution nous est spontanément favorable ; elle transforme au fil des âges Homo Doloris en Homo J’menfoutiste, à part quelques Homo Blasphèmens promis à une extinction rapide ».

Mais tout cela est bien fatigant. La pratique la plus pure de la SBM est, après vos 3 mots historiques, de désigner la porte.
Derrière l’attend votre secrétaire, avec un intimidant air militaire, pour lui réclamer le contenu de son portefeuille, vérifier s’il peut éponger sa lourde dette.
L’éthique de la SBM vous autorise alors à émettre un léger gaz de satisfaction.

Rejoignez-nous massivement dans la pratique de la SBM !
Ecrivez-moi pour connaître la date des séminaires.

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 Posted by at 5 h 14 min
Oct 182014
 

Tout individu est une collection d’erreurs. Le problème de l’identité est simplement de parvenir à les assembler.

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Une religion est une théorie de Dieu.

Le Jugement Dernier est le plus grand accélérateur de particules jamais conçu, destiné à confirmer la théorie chrétienne de Dieu.

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L’individualisme est un refuge pour les valeurs les plus hautes comme les plus médiocres.

*

L’homme n’a la propriété que de ses concepts, pas de ses mots.

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Notre aversion fondamentale envers l’immigration provient de ce début tout précoce de la vie où, spermatozoïde, nous avons franchi en vainqueur le seuil de l’ovule, essoufflé, le flagelle battant, ne pouvant croire à notre chance extraordinaire, et avons refermé aussitôt la porte, secouée un instant plus tard par les coups de poing rageurs de nos innombrables concurrents.
Nous n’avons jamais ouvert…
… et y avons gagné un éternel fonds de culpabilité.

*

Si vous vous cherchez encore, cherchez des dissonances. Trempez-vous dans leurs défis.

*

Les croyances sont des paradigmes fusionnés, trop représentatifs de la totalité de leur propriétaire, qui n’est pas encore un contrôle supérieur de ces repères, capable de les démembrer.

*

Un placebo n’est dangereux que lorsqu’il exclue un traitement efficace.

*

La méditation est une extension du sommeil, quand les nuits ne suffisent pas à se faire changer assez vite à son propre goût.

*orc-pensif

L’ambition doit précéder les moyens.

(c’est aussi le résumé du malheur du monde)

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Plus une idée est candide, plus elle peut cacher une révolution.

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Rire de n’importe quoi
éprouve la force de nos repères.

*

Avec le toucher, tout devient cher,

tout devient chair.

*

La clairvoyance ? Surcotée.
Ne pas comprendre les choses est le meilleur moyen de vouloir les changer.

 Posted by at 9 h 31 min