mai 222013
 

Ce blog vous a habitués aux digressions fort peu rhumatologiques… Voici des extraits de la page « Trucs de médecine familiale » sur la section adhérents du site :

Pourquoi bébé pleure-t-il ?
Est-il souffrant, s’est-il blessé, fait-il juste un « caprice » ? Les parents sont souvent désorientés devant les pleurs de l’enfant quand ils n’ont pas une explication simple, et ceux qui les ignorent devraient peut-être se poser davantage de questions : combien d’enfants font-ils une paracentèse spontanée parce que personne ne se soucie de savoir si leurs cris proviennent d’une otite ?
Un guide simple :
-un bébé qui pleure les yeux fermés, serrés, souffre d’un problème intérieur : la vue ne lui sert à rien ; la fréquence de ses cris et la difficulté à le calmer reflète l’urgence du problème ; certains ont le bon réflexe de se tripoter l’endroit pénible, l’oreille en particulier ; pour les autres il faut examiner les tympans, la bouche, l’abdomen.
-un bébé qui pleure les yeux entrouverts est en colère ; la stratégie tentée pour obtenir l’objet de son désir (une tétée, un jouet…) n’est pas un succès ; il revient à la plus simpliste : le cri ; mais il ne se coupe pas du monde : il veut en apercevoir le résultat.
-un bébé qui pleure les yeux écarquillés a peur ; il a été agressé par une cause extérieure ; la vue est essentielle pour prévenir du retour de l’agression. Vérifiez l’entourage : objets dangereux, autres enfants présents, animaux, etc…

Bébé : pourquoi le câliner, le masser ?
Avant tout parce que c’est instinctif et que l’instinct a toujours une nécessité ; il est heureusement soutenu par le fait que sa satisfaction nous apporte du plaisir : pas besoin de se forcer !
Plus scientifiquement, bébé a besoin d’un grand nombre de stimulations pour se développer, pour faire le tri dans les innombrables possibilités que lui offre son cerveau à la naissance, qu’elles soient adéquates ou crétines (d’où l’adage : « Nous naissons tous fous, très peu le restent »). Les stimulations sensorielles sont les plus importantes car elles créent un lien efficace avec l’extérieur. La vue est bien sûr un organe essentiel, mais peu discriminant à la naissance  trop de formes et de couleurs ; difficile d’y comprendre quelque chose ; la vue « parle en chinois » au bébé. Le toucher, dont l’importance diminuera par la suite, est un sens très important à ce stade, plus simple à analyser. Il est le premier à se développer pendant la vie foetale, entre la 8ème et la 14ème semaine après la conception. A la naissance, l’enfant est particulièrement réceptif à la stimulation par ce moyen.

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mai 222013
 

Améliorer sa conscience, c'est aussi parfois déprimer…

Améliorer sa conscience, c’est aussi parfois déprimer…

Leur succès se comprend très bien dans ce cadre puisqu’elles cherchent à modifier les «automatismes» subconscients à partir d’une rééducation consciente. Elles interviennent ainsi sur les vrais ressorts de nos décisions, puisque la conscience n’est pas réellement directrice.
Les candidats à la thérapie cognitive se définissent d’après son idée forte : puisque la conscience de l’individu n’est pas spontanément capable de donner des consignes efficaces aux automatismes subconscients, remplaçons-la par un rétro-contrôle compétent défini d’après les études psychologiques sur le sujet. Votre anxiété est trop envahissante, aboutit à une dévalorisation du Soi ? Vous allez lui apprendre à se calmer, à n’aboyer que si un véritable danger survient.
Les thérapies cognitives sont des outils précieux, auxquels on peut faire deux critiques :
Les «automatismes» n’en sont pas vraiment : les processus subconscients sont certes plus frustres que la personnalité au complet, mais ont néanmoins été bâtis sur des routines neurologiques encore plus simplistes et possèdent une certaine sophistication. Ils ont toujours eu une bonne raison d’avoir été construits ainsi — même si des alternatives auraient pu être meilleures — et il faut avant tout savoir pourquoi, avant de proposer une autre conduite, plus standard et donc moins personnalisée.
La thérapie cognitive n’améliore pas véritablement l’assurance puisqu’elle consiste à substituer des ordres issus de la recherche générale à un rétro-contrôle conscient déclaré incompétent chez l’individu. Son avantage est d’être applicable universellement quelque soit le niveau intellectuel du patient. Il serait préférable cependant que seule la théorie soit enseignée et que le plan des travaux à entreprendre sur le subconscient soit trouvé par le patient lui-même. Cela revient à éduquer le rétro-contrôle conscient, en défaut de maturité, et non à se substituer à lui. A l’évidence la thérapie cognitive montre la voie d’une telle éducation ; mais elle peut être considérée d’une façon trop religieuse et nuire à la diversité psychologique des personnes traitées.

En pratique ces techniques ne sont pas concurrentes de la psychanalyse : elles devraient y conduire. Elles sont davantage thérapeutiques que l’analyse, qui ne permet pas de prendre le contrôle de ses processus subconscients sauf si l’on a déjà un rétro-contrôle conscient compétent. Cependant leur effet secondaire à type de «clonage» comportemental peut être annulé efficacement par la connaissance de sa psychobiographie.

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mai 182013
 
« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »

« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »

Ce blog semble fermement engagé aux côtés des neurosciences pour autopsier l’esprit humain et établir les plans de son squelette. Jamais cependant la démarche n’a été, ici, réductrice ; la jonction que nous cherchons à établir entre l’axone du neurone et le tentacule de la conscience ne participe pas que d’une recherche biologique ; elle ressemble plutôt à la construction du chemin de fer transcontinental américain : deux compagnies rivales avancent, mais sont bien obligées au final d’établir leur connexion.
Pour en témoigner, voici un pamphlet vif sur les effets d’un scientisme des émotions : Continue reading »

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mai 182013
 

L’essentiel : les impasses évolutives du monde du travail ; analyse de la profession médicale.

Ce que l’on appelle couramment travail recouvre deux entreprises fort différentes : la fonction et l’oeuvre.
La fonction n’amène aucun bouleversement apparent quand nous l’exerçons ; c’est plutôt son interruption qui produit des effets, un défaut dans la continuité d’une tâche : un ouvrier sur chaîne s’interrompt et le nombre de produits finis en sortie baisse ; une maîtresse de maison cesse le ménage et les pièces commencent à se remplir de saletés.
L’oeuvre est une réalisation à valeur symbolique. Ce peut être un objet manufacturé sorti de nos mains propres, une oeuvre d’art, un livre biographique, la mise au point d’équations ou d’un système de pensée original, etc…
Les pôles fonction et oeuvre sont d’attraction opposée ; l’oeuvre possède une forte charge de gratification positive, tandis que la fonction, simple moyen d’arriver à des fins plus valorisantes et assortie de contraintes, est un repoussoir négatif.
La plupart de nos activités habituelles, cependant, sont un mélange de fonction et d’oeuvre. Une sculpture demande de longues heures de travail minutieux et répétitif. Le livre le plus pétillant d’inventivité qui soit nécessite des révisions fastidieuses pour devenir digeste à ses lecteurs. Elever un enfant est une répétition interminable de consignes et de conflits stériles oeuvrant à l’aboutissement d’un être unique.
Pour compliquer encore les choses, nos aspirations individuelles éminemment variables font qu’une fonction pour l’un peut être une oeuvre pour l’autre et vice versa. Garder sa maison étincelante est pour la ménagère une oeuvre véritable, conservant sa motivation pendant des décennies ; tandis que le «monsieur qui écrit» paraît à la même ménagère doté de la simple fonction de remplir les rayonnages des bibliothèques, ce qui a pour elle une médiocre valeur symbolique. Continue reading »

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mai 152013
 

trouvez-xLa parution d’un dossier sur le sujet par Science&Avenir me fait ressortir cet article écrit il y a plusieurs années mais que, par distraction, je n’avais pas envoyé sur le blog. Il n’y a rien à y changer et il est plus avancé que son homologue de Science&Avenir, s’appuyant sur des théories neuroscientifiques de l’esprit plus précises, et abordant les techniques non médicamenteuses.

Cette grande question passionne tous les parents d’étudiants… et les étudiants eux-mêmes, mais ceux qui s’y intéressent trop devraient s’en demander les raisons: ne faut-il pas travailler la confiance en soi plutôt que stimuler son intellect ? Ne voudrait-on pas remplacer les données essentielles à ingurgiter par une gelule qui n’en contient aucune ?

Avant d’aborder les méthodes de stimulation, voici quelques réflexions générales qui sont probablement en vérité tout ce que vous avez besoin de lire de l’article : Continue reading »

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mai 072013
 

Un jour que Dieu se promenait sur la plage, il trouva l’endroit bien désert et monotone. Il dit aux grains de sable : «Faites un concours de châteaux !». Et les grains se juchèrent les uns sur les autres, s’organisant comme ils pouvaient, comme cela venait, avec leur frustre expérience, commençant par construire de vagues éminences, puis affinant les formes, sculptant, ajoutant des étages et des ornements, jusqu’à établir des milliers d’édifices étonnants.
Tous constitués des mêmes grains de sable, pas un château n’était semblable. Dieu était satisfait. Chaque jour il déambulait à travers la plage paradisiaque constamment transformée par les créatures de sable. Elles percevaient sa présence sans le voir.
Un matin, l’une d’elles termina de fabriquer une extension extraordinairement évoluée. Un oeil. Qui s’ouvrit…

Dieu courut mettre un pagne…

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mai 052013
 

Nos premiers cris, peu après avoir ouvert les yeux, ne sont pas le signe d’une dépendance, mais bien au contraire de la première tentative d’établir une maîtrise sur le monde, suggérée par l’instinct, cet ensemble de réflexes déjà remarquablement élaborés mis en place par l’évolution. Si le cri amène la satisfaction d’un besoin — le plus urgent étant la satisfaction d’une fringale —, notre assurance grimpe d’un palier fort important. Le rétro-contrôle conscient va laisser du champ libre à notre initiative. Si par malheur la tentative échoue, que la satisfaction se fait attendre voire qu’une punition survient, c’est au contraire une anxiété exacerbée qui se met définitivement en place.
anxiete Le pire n’est sans doute pas un refus systématique, comme peut le faire une mère colérique : cela nous oblige à un comportement différent, qui menace certainement notre tendresse envers le monde mais pas notre assurance : d’une façon moins adoubée par la morale, nous avons néanmoins trouvé une conduite adaptative. Le pire est un résultat imprévisible de nos tentatives, obtenu auprès d’un parent lui-même incertain et inquiet. Le monde apparaît chaotique ; impossible d’en établir une représentation. Dès lors nous risquons, toute une vie durant, d’avancer à pas comptés.

Quand j’explique cette théorie à un anxieux, ce n’est pas pour l’encourager à cesser de s’inquiéter, Continue reading »

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mar 252013
 

Peut-être avez-vous écouté cette conférence de Laurent Alexandre, le fondateur de Doctissimo, qui a fait grand bruit : « Le recul de la mort : l’immortalité à brève échéance? »

Turritopsis-nutriculaRien de nouveau pour les gens bien informés. Nous pourrions même dire les choses plus simplement : l’être humain est programmé génétiquement pour mourir, par le ralentissement des processus de renouvellement, et par le biais du cancer en particulier (L.A. se trompe là-dessus : ce n’est pas 1 personne sur 4 qui fera un cancer, mais toutes… si une autre défaillance ne les emporte pas avant). Comme il est probable que nous serons prochainement capables de bricoler nos gènes, nous pourrons inhiber ceux qui nous empêchent de nous réparer. L’immortalité est là, et cela fait une quinzaine d’années qu’elle est sortie du domaine de l’impossible. Elle existe déjà dans la nature : une méduse caraïbe est capable de contrôler ses gènes pour revenir à l’état de spore si les conditions locales ne sont pas favorables. Imaginez : notre vie est ratée, alors nous décidons de redevenir bébé et de nous faire adopter dans une autre famille !

immortel Autrement intéressante, et non abordée, est la question de savoir ce qu’on va faire de l’immortalité :
C’est une menace : allons-nous barrer la route au processus qui a construit notre humanité : l’auto-organisation ? Nous l’empêcherons de tester, de contourner, de progresser. Nous cherchons bien entendu à améliorer le sort des individus, mais avec déjà en tête une idée précise de ce qu’il devrait être. Nous ne voulons pas de l’avenir mystérieux promis par l’auto-organisation. Car nous avons une trouille terrible de l’inconnu. En témoigne le principe de précaution. Le pouvoir de l’humanité est devenu gériatrique. Son destin va-t-il l’être aussi ? Qui peut croire, dans ces conditions, que l’allongement de la vie fasse le bonheur de nos (futurs) semblables ? Nous nous enfonçons dans un avenir matriciel.

Enfin, en pratique, Alexandre, avec sa grandiloquence naïve, pourrit la vie des soignants et des malades : comment accepter, quand on entend ce genre de choses, de souffrir d’un cancer et de ne rien pouvoir y faire, en 2013 ?…

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jan 052013
 

L’oral est une communication faite de compromis. Pas le temps de réfléchir à ses répliques. L’on voudrait croire que le langage parlé est le reflet fidèle de sa pensée, cependant même si c’était le cas, ce serait déjà négliger l’évidence que ce langage n’a pas la même signification à réception par un autre esprit ; nous devons le lui adapter, c’est-à-dire introduire une seconde réflexion par-dessus celle qui a produit la pensée, ce qui rend le processus encore moins instantané.

En pratique dans une conversation, pour rester dans un débit de communication raisonnable, on a affaire, de part et d’autre, à des automatismes pour l’essentiel, et il est merveilleux d’apprécier, chez certains, une bibliothèque si gigantesque d’automatismes, tirés d’une mémoire infaillible, qu’on a l’impression de n’en avoir jamais entendu aucun.

La conversation semble d’autant plus inépuisable que l’on croise une grande variété de répertoires individuels, si bien que le nombre de combinaisons nous semble infini.
Pourtant, si une machine récoltait et classait tout ce qui est dit, elle pourrait sans doute nous annoncer, même au sujet de la plus originale des phrases, qu’elle a été dite ici et là, voire que des blockbusters tels « Quel temps magnifique ! » et ses séquelles ont été énoncés des nombres inconcevables de fois et comportent moins de signification qu’un clignement de paupière.

Ainsi apprécie-t-on sans doute la conversation de façon trop simpliste, comme s’il s’agissait d’un repas plus ou moins gastronomique, alors que sa réussite déclenche des transformations plus profondes et durables dans notre vie que le ravissement des papilles gustatives.

bouche-cousueMais est-elle toujours réussie ? Faut-il converser ?
Aime-t-on tellement peu ses mots qu’on les lâche nus et sans défense, saisis aussitôt par un contradicteur, étripés sans merci, leurs dépouilles défigurées jetées à travers l’assistance, jusqu’à ce qu’ils vous reviennent tellement hideux que vous refusez d’en reconnaître la paternité ?
La peine empêche parfois d’en créer davantage, et les fait garder prudemment à l’abri du vaste garage buccal, les mots dedans à côté des maux de dents, avant de les mettre gentiment au lit… sur la page blanche, toute virginité retrouvée.

Que notre désolation pour les mots saccagés ne nous pousse pas à les retenir ainsi, mais à les envoyer en cohortes mieux organisées, percutantes, polyvalentes, modulables. Equipons-les des béliers du sentiment, qui iront heurter sans merci les murailles de l’indifférence. Parvenons à voir les lèvres s’entrouvrir, les yeux s’éclairer, sur les champs de la conquête.

Parvenu au but, vous pouvez remercier vos braves soldats… et les congédier, car vous vous occuperez seul de l’objectif ultime : quand la langue réussit enfin à communiquer directement avec l’autre langue, les mots ne passent plus.

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jan 012013
 

Pour goûter l’impertinence du tome 2 (à venir) du « Monde Polyconscient » :

Une addiction, c’est un organe pensant qui sacrifie tous les autres pour s’évader dans son rêve.

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L’humoriste sait humer le rustre.

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L’hygiène intellectuelle impose de changer d’avis dès qu’il sent un peu fort.

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Le capitalisme est une perversion gériatrique.

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Au final, le doute permet d’être mieux informé.

Au passage, il fait douter de choses justes.

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Feuilleton : tonnes de feuilles de vie à ajouter à son propre classeur un peu mince.

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Jamais on ne trouve autant de volontaires à se faire ruiner par la fatalité que dans un amour fatal.

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Félicitations : un mot de politesse, que l’on doit précéder de « sincères », de crainte qu’elles n’en soient pas.

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L’aigrefin libéral utilise un procédé vieux comme le monde : le meilleur moyen de dissimuler ses propres turpitudes est de se scandaliser des méthodes des comptables sociaux.

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La plus grosse fumisterie en médecine, particulièrement répandue en spécialité, est de donner des rendez-vous à plus d’un mois pour une première visite. Guérison spontanée, évolution éloquente, succès ou échecs des prises en charge intermédiaires… tout s’éclaircit et tout consultant devient un « crack ».

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L’oubli est plus tenace que la mémoire.

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Les relations avec partenaires multiples sont réservées aux personnes atteintes d’une certaine maturité, et peu touchées par les infections qui trouvent la situation opportuniste.

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Suffisamment d’argent améliore la sincérité. Trop ou pas assez la détériore.

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Que la coopération sociale améliore le bien-être des individus n’a jamais fait de la société un organisme ayant le bonheur comme finalité.

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Le sacré est le seul adversaire crédible de l’évidence.

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déc 272012
 

Dans le milieu des médecins ouverts et méfiants vis à vis des diktats corporatistes, on sait depuis longtemps le dépistage radiologique du cancer du sein, et du cancer de la prostate par dosage des PSA, inutiles en termes statistiques. Bien des vies sont cassées par un test erroné, ou une intervention thérapeutique trop lourde, mastectomie ou prostatectomie.
D’un autre côté il existe un phénomène dont les opposants au dépistage omettent de parler : quand l’on découvre un cancer du sein chez une femme et qu’il est un peu tard pour le guérir, elle demande inévitablement : « Mais si j’avais fait ma mammographie tous les ans, n’aurais-je pas eu une meilleure chance d’être traitée à temps ? ». pincesse-elfeSur un cas individuel, il est bien difficile d’affirmer que la réponse est négative.
Il faut donc que les gens soient informés des avantages et des risques du dépistage et décident de s’y engager ou non, pour limiter tout regret ultérieur.

Personnellement je ne recommande aucun de ces dépistages.
Hommes et femmes doivent s’entraider.
Comme il est très difficile pour un homme de pratiquer sur lui-même le toucher rectal, il lui faut trouver une amie assez intime pour l’aider dans son dépistage, à charge pour lui de la remercier en cherchant très attentivement tout nodule mammaire suspect…

 Posted by at 19 h 38 min
déc 212012
 

Le-Monde-Polyconscient-final

Avez-vous jamais voulu savoir comment l’arborescence de milliards de neurones, à présent illuminée par les IRM comme des sapins de Noël, pouvait faire naître votre pétillante conscience ?
Notre expédition, à travers ces pages, n’est pas technologique. Elle poursuit un mythe, le Moi. Nous ne le trouverons pas. C’est toute une société intérieure que nous découvrirons à sa place, dans une démarche spéculative, mais bien outillée scientifiquement : évolution, auto-organisation, repères, confrontation avec les théories existantes ; nous vérifierons la congruence de la polyconscience avec le monde que nous fréquentons.
Vous-même risquez d’y perdre votre « Je ». Ce livre n’est point un mets pour tous les esprits. Dotez le vôtre de quelques rations de survie avant de lui faire explorer la jungle polyconsciente…

 Posted by at 22 h 39 min
déc 012012
 

Nous avons vu la difficulté à établir la « normalité » mentale, ce qui n’empêche pas la psychiatrie « scientifique » d’établir des cases pathologiques, sans beaucoup communiquer sur le manque de sûreté de ces enceintes barbelées.
L’imposture surgit en 2012 à propos de la mise en examen d’une psychiatre ayant donné une permission à un patient psychotique stabilisé, qui s’en est servi pour commettre un meurtre.

Une accusation incroyablement stupide. Quand une personne montre un désir d’autonomie et que son comportement général laisse à penser qu’elle en raisonnablement capable, elle peut acquérir en proportion cette indépendance… et la responsabilité qui l’accompagne. C’est vrai de tout individu, « normal » ou non.
Les étiquettes psychiatriques, terriblement perverses, interdisent la moindre chance de commencer à devenir autonome. Un tel système de classement transposé à tous les citoyens pourrait faire dire : « Un jeune de 18 ans ne peut prétendre aux mêmes droits qu’un individu de 60 ans parce qu’il ne possède pas la même maturité et est plus susceptible d’avoir un comportement irresponsable. Idem pour l’origine sociale, le niveau de revenu, etc… ».
Un diagnostic n’est qu’un repère. Il n’est pas une carte d’identité psychologique.

Le milieu psychiatrique fonctionne en réalité mieux que la société en général, puisque les droits à l’autonomie n’y sont pas automatiquement distribués en fonction d’un critère aussi aveugle que l’âge civil ; ces droits sont demandés, assumés, mérités par la conduite que le « déviant » a su montrer. Bien sûr les dissimulateurs habiles causent des accidents. Les tribunaux, cependant, n’auraient-ils à juger que des crimes de malades mentaux ? Qui doit-on mettre sur le banc des accusés, aux côtés du criminel non psychiatrique, qui s’est vu offrir sans coup férir sa carte d’ « indépendant » le jour de ses 18 ans ?

La déviance est-elle toujours à 90° ?

 Posted by at 13 h 04 min
nov 142012
 

Un topo stratégique sur la rééducation ? Quelle prétention, alors que je fais partie d’une spécialité réputée pour ses procédures raccourcies : « On pique où ça fait mal ». Cependant, un fait étonnant est que les patients ne se découragent pas de revenir assener la plainte de leurs rachialgies chroniques à notre morne figure, à l’évidence fort peu intéressée. Voilà qui oblige progressivement à reconsidérer une stratégie défensive plus élaborée que la « sale gueule », et à s’intéresser à la continuité entre le diagnostic anatomo-clinique et la prise en charge physique.

J’ajoute à ma décharge que je n’aurais aucun problème à écouter un topo titré « Comment prescrire la rééducation » par la voix d’un kiné. Certainement, celui qui réalise le traitement physique et analyse finement le fonctionnement du patient peut préciser la physiopathologie du problème et affiner la prescription.

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Cette présentation s’attache aussi à identifier les causes d’échec d’une prise en charge. Continue reading »

 Posted by at 16 h 54 min
nov 092012
 

Les végétariens ont une conception de la sensibilité qui m’a beaucoup perturbé. Leur hantise de manger un animal mort est tellement contagieuse que je me suis mis à considérer les autres aliments vivants avec une inquiétude exacerbée : ma salade, que j’apprêtais auparavant par une jolie toilette en vue de la dégustation, me semble subitement couverte de sueur, sachant sa dernière heure arrivée.

 Posted by at 11 h 01 min
nov 042012
 

La compréhension de cet article nécessite celle de son vocabulaire :
-polyconscience, société intérieure, psociété, sont des termes grossièrement synonymes et se réfèrent à l’idée que nos représentations sous-conscientes du monde et des autres sont regroupées en une sorte d’assemblée intérieure dont les délibérations forment notre comportement.
-persona : représentation détaillée et cohérente définissant une tendance de comportement, dont la popularité dans la polyconscience dépend de ses succès antérieurs.

La schizophrénie est une maladie dont l’explication est remarquablement facile en polyconscience. Les « voix » entendues par le schizophrène sont les personae de la société intérieure, normalement non perçues par la conscience. Que le schizophrène se laisse aller aux comportements suggérés par ces voix ne vient pas d’une « faiblesse » de la personnalité. Cette interprétation fausse est fondée sur l’idée persistante que la conscience serait un dictateur du comportement. Or elle n’en est que l’évaluateur. Elle ne peut s’opposer directement aux pulsions sous-conscientes — sinon pourquoi qui que ce soit se laisserait-il aller à un acte dont il connaît la dangerosité ? —, elle ne peut que transférer son évaluation « alarmiste » à la psociété et réveiller les personae opposées à celle qui génère la conduite inadaptée.

Le schizophrène semble avoir un problème de réglage du « volume » des ordres dictés par la psociété. Certaines représentations « crient » avec une puissance telle qu’une négociation intérieure devient impossible. Le processus d’évaluation conscient ne parvient plus à donner une appréciation de la valeur du comportement suggéré, qui normalement en fait selon les cas une « célébrité », fort présente à l’esprit parce qu’ayant produit des résultats favorables, ou au contraire un « raté » à éviter à tout prix.
La persona « hurlante » s’empare des commandes du comportement. Ce n’est à vrai dire que la forme caricaturale des conduites impératives voire forcenées chez des gens considérés comme indemnes de maladie mentale, dont la conscience peine à faire entendre son évaluation dans la psociété.

Chez le schizophrène, le volume déréglé semble du à un excès de certains neurotransmetteurs, qui déséquilibre la puissance de processus sous-conscients censés rester simplement « imaginatifs », devenant alors trop « directeurs » du psychisme. Continue reading »

 Posted by at 9 h 14 min