Qui a la meilleure théorie de la conscience?

La meilleure théorie de la conscience doit pouvoir englober toutes les autres, qu’elles soient physicalistes, philosophiques, voire les mystiques. Pourquoi existe-t-il une telle diversité de réponses ? Elles naissent dans une dimension qui s’appelle la complexité. Or c’est justement dans cette dimension complexe que s’édifie patiemment la conscience.

L’échelle de complexité varie considérablement des micromécanismes de la matière à un humain équipé d’un cerveau, en passant par les micro-organismes, les plantes et les animaux moins évolués. Un grand nombre de niveaux d’information s’ajoutent. Le cerveau est un ensemble de molécules, mais aussi de cellules, de centres nerveux, et enfin une intégration consciente.

Tous ces niveaux d’information occupent le même espace. Comment sont-ils intriqués ? Comment possèdent-ils une indépendance relative ? Un ensemble de biomolécules n’est pas forcément un être vivant. Pourquoi tel ensemble est appelé ‘cellule’ et tel autre ensemble, dans une goutte d’eau, est seulement une ‘soupe moléculaire’ ?

La question n’est pas saugrenue. Si nous nous plaçons au milieu de ces molécules (regard dit ontologique), nous ne voyons que des ensembles de relations. Rien, à ce niveau, ne permet de dire que l’un d’eux est une cellule. Pour que la ‘cellule’ se présente en tant que telle, il faut un observateur, quelque chose qui la regarde (regard dit épistémique). Il faut quelque chose qui interagisse avec elle en raison de ses propriétés particulières.

Représenter un niveau d’information implique donc d’atteindre ce niveau ou plus élevé dans l’échelle de complexité. La question délicate est : La cellule est-elle déjà une représentation d’elle-même ? Il est possible de répondre oui par des arguments strictement physicalistes. Le niveau d’information ‘cellule’ est bien une auto-représentation de sa constitution.

En effet la constitution de la cellule est une dynamique permanente, un « équilibre au bord du chaos ». Elle doit perpétuellement trouver des sources d’énergie pour en dépenser. Malgré ces changements continuels elle reste la même ‘cellule’ dans le niveau d’information où elle interagit avec d’autres micro-organismes. En tant que cellule elle fait exister une représentation fusionnée de ses états successifs. Véritable couche d’information supplémentaire.

Le plus important à comprendre est ceci : Comment passe-t-on de ‘représentation’ à ‘conscience’ ? La ‘cellule’ en tant que niveau d’information supplémentaire n’est pas isolée de sa constitution. Il s’agit d’une indépendance relative. Toute perturbation grave dans sa constitution la fait disparaître. La ‘cellule-représentation’ est seulement le niveau d’information supérieur ; mais la ‘cellule-entité’ est la surimposition de tous les niveaux d’informations constitutifs, depuis les interactions quantiques. C’est cela qui la définit comme substance.

Notre cerveau est un organe extraordinaire pour codifier les données. Il est capable de simuler n’importe quel niveau d’information. Notre esprit est un ensemble de représentations du corps et de l’environnement. Cette faculté permet à notre esprit de représenter la cellule précédente. Mais pas de s’éprouver comme elle. Voici la différence entre représentation et conscience. Le cerveau peut simuler chacun des niveaux d’information de la cellule mais pas les intriquer pour “se sentir elle“.

Mais le cerveau humain n’est pas à plaindre. Ses groupes de neurones édifient un très grand nombre de niveaux d’information au fil de sa maturation. Cf théorie des graphes et profondeur d’information. La conscience éprouvée par notre cerveau est ainsi d’une profondeur très supérieure à celle de la cellule, par l’addition du très grand nombre de représentations surimposées par les groupes neuraux.

Cette conscience éprouvée est spécifique à chaque individu. Elle n’est pas réductible à l’ensemble des représentations conscientes, c’est-à-dire à l’étendue des connaissances. Cet ensemble n’est que la couche supérieure de l’intégration mentale. Dessous nous percevons des ‘petites voix’, des impressions corporelles et des émotions… qui font toute la richesse de cette expérience consciente.

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