Psychothérapie pro-conflit

La psychothérapie peut être la création d’un conflit.

La tendance en thérapie est d’aborder les problèmes avec délicatesse. Éviter les attaques frontales. Pourquoi créer un conflit quand on est en train d’en aborder un, déjà bien vif ?

Parce que la personne a déjà construit des comportements pour le gérer. Si elle est assez imaginative, ou peu exigeante, ou que son environnement est protecteur, les comportements actuels peuvent suffire à mener une vie gratifiante. C’est notre lot à tous. Nous ne sommes que des collections de conflits résolus d’une manière que nous trouvons satisfaisante… mais d’autres pourraient avoir une opinion différente.

Les conflits ne s’éteignent jamais puisqu’ils peuvent s’étendre à loisir dans l’univers social. L’une des méthodes pour affermir et protéger nos solutions personnelles, même lorsqu’elles sont bancales, est de s’isoler. Se couper des opinions d’autrui.

Quand c’est impossible, que les comportements sont inadaptés à l’environnement familial et social habituel, leurs propriétaires viennent consulter un psychothérapeute. Ou plutôt ils y sont encouragés par leurs proches, car ils sont toujours plus satisfaits de leurs solutions que leur entourage.

Une psychothérapie peut donc nécessiter une certaine déstabilisation initiale. Rechercher une solution nouvelle implique de rejeter activement celle en cours d’utilisation. Inutile de créer des difficultés à ceux qui en ont une conscience aiguë. Tandis que ceux à l’abri d’une épaisse coquille méritent de la voir lézardée.

Je fais un parallèle en rhumatologie avec l’inflammation, aiguë ou chronique.

L’inflammation aiguë est un processus de réparation ou de changement très efficace. Une réaction enzymatique résorbe les tissus lésés ou incompétents, une reconstruction survient dans un second temps. Dans l’inflammation chronique, la réaction initiale n’a pas été assez puissante. La cicatrisation n’est pas de bonne qualité. Les tissus continuent à céder sous les contraintes. La tentative de réparation perdure sans jamais aboutir.

Le traitement le plus performant des inflammations chroniques consiste en ondes de choc locales. Augmenter l’agression sur la zone et stimuler l’activité des cellules réparatrices, équipées de mécano-récepteurs, sensibles aux vibrations. La cicatrisation aboutit enfin et le tissu résiste. La douleur disparaît.

Créer ou accentuer le conflit, en psychothérapie, est l’équivalent des ondes de choc pour le mental. Stimuler la formation d’un comportement solide, capable de résister à une plus grande multitude d’opinions. Cicatriser enfin la personnalité.

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