L’étonnant cerveau des oiseaux (commentaire Cerveau & Psycho n°120)

Les oiseaux ont d’étonnantes aptitudes cognitives. La fabrication d’outils simples par les corbeaux de Nouvelle-Calédonie se rapproche des compétences des humains primitifs il y a environ 300.000 ans. Pourtant le cerveau du corbeau pèse 14g seulement, contre 1.300g pour le cerveau humain. Comment le corbeau parvient-il à ce niveau d’intelligence ?

Onur Güntürkün, l’auteur, explique le cerveau de l’oiseau est bien plus dense que celui de l’humain et des autres animaux. Le pallium (partie du cerveau dédiée aux aptitudes cognitives de haut niveau) comporte 1,2 milliards de neurones chez le corbeau contre 16,3 milliards chez l’humain. La différence n’est plus de 1 à 100 mais de 1 à 10.

Mais Güntürkün fait ensuite une grosse bourde. Il prétend que la compensation vient aussi de l’augmentation de la vitesse de circulation de l’information neurale, très accélérée chez l’oiseau du fait de la proximité des neurones. La plupart d’entre vous comprendront intuitivement qu’il s’agit d’une erreur. La vitesse de traitement neural influence celle des réactions comportementales, mais pas leur niveau cognitif. Ce n’est pas parce que l’on pense plus vite que l’on pense plus intelligemment.

Si la vitesse de connexion influençait la performance cognitive, rendre nos neurones plus rapides nous rendraient plus intelligents. C’est le contraire ! L’esprit deviendrait un chaos. En effet les délais respectifs des connexions et la synchronisation font partie du codage neural de l’information. Les modifier détruirait immédiatement la mémoire structurale.

La proximité des neurones a seulement procuré aux oiseaux de un cerveau miniature, facile à faire voler, et qui ne démérite pas pour autant en performance cognitive. L’intelligence se construit sur la richesse du connectome (le réseau de connexions entre neurones) et la facilité de sa reconfiguration.

Les oiseaux bénéficient d’un excellent connectome, proportionnel à l’abondance de neurones. C’est ainsi qu’ils développent de remarquables signes d’intelligence, concepts qu’ils ne peuvent malheureusement pas transmettre socialement comme les humains, par défaut d’un langage aussi élaboré.

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