Pouvez-vous écrire quelque chose qui va fondamentalement changer comment je vois le monde?

A2A. Je vais interpréter différemment votre question : Comment voyez-vous le monde ? Qu’est-ce qui ‘voit’ ?

En cherchant la réponse à ce qui voit, surgit d’abord une foule de détails. Beaucoup trop. Est-ce cela, le ‘Je’ ? Un éparpillement ? Non, c’est le contenu.

Paradoxalement c’est aussi le contenant. ‘Je’ est aussi une unité, la fusion de tous ces contenus. Couleurs, émotions, abstractions, langages, rêves, concepts et expériences de natures très différentes, parviennent à se fondre ensemble pour créer un ‘Je’ unique.

Comment un tel prodige est-il possible ?

Si j’ai pris la conscience en exemple, c’est que la réalité du prodige nous est immédiate. Nul besoin de démonstration mathématique. Nul litige possible. Cependant bien d’autres prodiges du même type nous entourent.

Prenez une cellule. Elle est facile à visualiser comme contenant. Ses contenus sont hétérogènes : biochimiques, génétiques, biologiques, structurels, distributifs, fonctionnels, relationnels… Leurs natures diffèrent autant que ceux des contenus de la conscience. Certains sont des choses inertes isolément, d’autres sont réplicantes ; il y a aussi des organisations, des fonctions. Collection disparate de matériel et de virtuel dont la réunion définit une entité unique : la cellule.

Je ne vais pas vous dire que cette cellule éprouve une parcelle de conscience parce qu’elle est une fusion du même type que la nôtre. Stupide. Ce serait négliger que les contenus sont radicalement différents. Le contenant n’a aucune existence isolément. Par contre le prodige est le même : dans les deux cas, la fusion des contenus n’est pas simplement leur assemblage. Ce que nous ressentons en tant que conscience n’est pas une juxtaposition des éléments de pensée.

C’est plutôt un océan dont les pensées émergent comme les sommets des vagues. Des blancheurs d’écume. Unité et morcellement superposés.

Cette difficulté à expliquer le phénomène conscience n’est pas une incitation à le placer dans un monde à part. C’est la démonstration éprouvée que nous n’expliquons pas correctement la réalité physique, cette matière qui semble pourtant merveilleusement décryptée par la science.

Un renversement de paradigme ! Ce n’est pas la conscience qui résiste à la science, mais la science qui résiste à la conscience…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *