Y a-t-il une chance que les corrélations neurales de la conscience soient vues comme sa cause ?

Question provocatrice. La définition de l’activité neurale est bien mieux cernée et comprise que celle de la conscience. En réalité, dire que les êtres humains possèdent tous le même « type » de conscience relève d’une convention… fondée essentiellement sur l’anatomie partagée de nos cerveaux, donc le fait que le support neural de nos consciences soit le même. Mais vous avez sûrement remarqué qu’il faut énormément de communication entre deux consciences pour qu’elles se comprennent 🙂 Chaque architecture neurale est unique.

Le Professeur : Quand un « mal défini » a des chances d’être causé par un « mieux défini », la question est plus logiquement : « Le mal défini a-t-il des chances d’être causé par autre chose que le mieux défini ? ». Dans le cas contraire vous donnez l’avantage au non-savoir sur le savoir.

Le Médecin : Les corrélations neurales de la conscience sont si étroites que stimuler un seul de vos neurones fera surgir une représentation complète et précise dans votre esprit (si l’on a compris sa position dans le réseau), et que supprimer quelques connexions vous fera oublier que vous avez un jour possédé cette représentation (vous pourrez cependant la réapprendre en reconstruisant le réseau). La diminution de l’activité des neurones de la vigilance baisse le « courant » dans le réseau et son intégration globale ne peut se maintenir. Curieusement, la conscience passe dans le même temps en sommeil. Enfin tous les états alternatifs de conscience ont leurs propres corrélations neurales spécifiques. Une mauvaise configuration et un homme prend sa femme pour un chapeau…

Les excitations neurales ne sont pas le phénomène conscience mais en sont indubitablement le support. Le phénomène conscience, lui, est l’organisation de ces excitations, extraordinairement complexe et stratifiée, au point de pouvoir expliquer sans difficulté la richesse du phénomène éprouvé.

Au final l’apophtegme « corrélations neurales de la conscience » n’est-il pas une politesse des gens qui connaissent bien le cerveau envers ceux qui le connaissent moins ? Bon sang, mais il est collant, ce professeur…

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