Comment le cerveau crée-t-il de nouvelles connexions sans créer des boucles rétro-actives destructrices ou altérer les fonctions existantes ?

Aucune nouvelle connexion amorçant un concept ou une fonction supplémentaire ne se fait sans référence à l’architecture existante.

Imaginez le réseau des neurones comme un jeu de pièces de bois que vous devez empiler les unes sur les autres. Vous disposez d’un nombre de pièces illimité. Plus une pièce est posée à une hauteur importante, plus elle vous apporte de points. Les pièces n’ayant pas toutes la même forme, certaines s’assemblent de manière très stable, d’autres tombent à la première secousse. Vous n’avez pas intérêt à les ajouter au hasard. Si vous avez du mal à placer une pièce à la forme bizarre, vous pouvez l’abandonner sur le sol, mais elle ne vous rapporte pas de points. Ou vous pouvez réajuster la disposition des étages les plus élevés de la pile pour que la pièce bizarre coïncide et occupe l’un des sommets.

Les pièces en bois sont les concepts construits par les réseaux neuronaux et la hauteur de la pile est votre intelligence pour chacun des sujets d’analyse traités par le cerveau. Vous ne pouvez ajouter un concept supérieur à chaque pile que s’il respecte au moins en partie l’architecture qui le sous-tend. Les concepts incompatibles sont rejetés, chutent à terre. Ceux qui sont difficiles à faire tenir au sommet mais apportent de grands bénéfices ont tendance à se maintenir (célébrité apportée par la stimulation des circuits de la récompense) et ont un effet rétro-actif sur la structure sous-jacente, réorganisant les sous-concepts pour qu’ils deviennent concordants. C’est ainsi qu’une notion difficile à ingurgiter mais gratifiante devient de mieux en mieux comprise à mesure qu’on l’utilise.

Le dialogue entre les nouvelles connexions et les anciennes est donc permanent et bidirectionnel. Il n’existe aucune structure définitive, aucune fonction figée, autrement que par son usage régulier et rentable (en termes de cohérence des concepts entre eux et non d’après une quelconque « vérité »).

Enfin, pour que mon analogie avec les pièces en bois soit exacte, il vous faut éliminer le joueur. En effet les pièces s’assemblent seules. Il est ainsi plus facile de comprendre pourquoi les connexions ne se font pas au hasard. Beaucoup d’options sont possibles, mais c’est l’efficience des nouvelles connexions créées qui établit leur permanence. Il n’existe aucun programmeur qui serait satisfait ou non du résultat, en fonction d’un objectif pré-établi quant au destin de ce cerveau. Les idées en question font partie de l’auto-organisation des concepts.

 

Raison pour laquelle vous ne pouvez savoir, même si vos parents apprentis-programmeurs avaient des espérances précises à ce sujet, quelle personne vous serez dans 1 an, dans 10 ans, dans 50 ans…

 

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