Pourquoi la musique affecte-t-elle le cerveau et cause-t-elle des émotions en dépit du fait qu’elle n’est pas riche de sens comme un langage parlé ou écrit ? Existe-t-il une base biologique à cela ?

La musique est en fait capable de déclencher des émotions beaucoup plus intenses que le langage parlé ou écrit chez la plupart des gens qui l’apprécient. De surcroît la musique peut déclencher ces émotions seule, alors que des mots n’en sont capables qu’associés à un contexte propice à l’émotion. Il semble donc que la musique soit connectée de manière bien plus intime à l’émotion que les mots.

L’explication est que la musique est un langage plus ancien, plus primitif que les mots.

Les mots ont été précédés par les cris, les hululements, les chants, les choeurs, les sons d’instruments primitifs. Parmi les instruments disponibles, un seul appartient à tous les membres de l’espèce : le larynx. La voix est en quelque sorte l’instrument de musique universel chez l’humain. Utilisé en permanence dès qu’il fallait avertir ses congénères d’un évènement ou d’un besoin quelconque. Raison pour laquelle la façon de s’en servir a évolué de manière si complexe et détaillée, jusqu’à former la multitude de langages parlés aujourd’hui. Ce que nous appelons aujourd’hui « musique », qui se pratique avec d’autres instruments, est resté plus simple et plus proche des chants archaïques, parce que pratiqué seulement par ceux qui connaissent l’instrument joué. La diversité apparue dans ce langage particulier se manifeste davantage par la variété des instruments que celle des significations. Les schémas mélodiques sont très anciens. Tous les instruments sont capables de les manipuler et de déclencher les émotions qui leur sont attachées.

L’explication biologique est celle-ci :
Lorsque le cerveau embryonnaire entreprend sa maturation, il recrée toute l’histoire évolutive qui l’a conduit à son organisation contemporaine. Les langages les plus anciens sont inscrits, dont la musique, et connectés aux sensations les plus archaïques, dont les émotions. Par-dessus cette organisation primitive des schémas neuraux viennent ensuite s’y superposer d’autres, plus récents : phonèmes, eux-mêmes ensuite organisés en mots puis en phrases. Le cerveau est prédisposé à cette organisation, néanmoins il faut des mimétismes, les apprentissages, pour les mettre en place. La musique devient associée à des représentations complexes, culturelles, souvenirs personnels, artistes fétiches. Néanmoins ses connexions profondes demeurent. Les groupes neuraux qui l’interprètent sont étroitement en relation avec ceux de l’émotion. La conscience n’a nul besoin d’intervenir. L’émotion jaillit directement de la musique. De même que chez un musicien la musique jaillit directement de l’émotion.

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