Les gens disent que les livres font à votre cerveau ce que l’exercice physique fait à votre corps. Mais cela ne suggérait-il pas que vous devriez gagner en intelligence fluide ?

Le livre est un média, c’est-à-dire un moyen de transfert des concepts. Ce qui muscle le cerveau est le contenu conceptuel lui-même. Il en existe grossièrement deux types : les concepts indépendants et dépendants.  Les premiers regroupent les évènements fortuits et les affirmations gratuites. Ces représentations ne sont pas raccordées aux autres. Un évènement fortuit se justifie en lui-même. Il n’était pas prévisible a priori. Celui qui le rapporte estime qu’il n’est pas nécessaire de fournir une explication. De même pour une affirmation gratuite. L’auteur juge que sa pensée fait suffisamment autorité, ou que l’affirmation est suffisamment consensuelle, pour ne pas la justifier.

Les concepts dépendants, eux, font partie d’une structure mentale. Ils sont organisés à partir de sous-concepts et entrent en relation avec des concepts de même niveau. Rivalités. Organisation en concepts supérieurs. L’intelligence est le nombre d’étages haussant la complexité de cette structure dans chaque domaine conceptuel. Augmenter cette intelligence n’est pas seulement lui apporter de nouvelles représentations à traiter, encore faut-il qu’elles s’organisent de manière coordonnée, pour élever la pyramide mentale. Certains esprits contiennent une quantité considérable de concepts indépendants, parce qu’ils ont une bonne mémoire, mais ont une faible intelligence, parce que tous ces concepts occupent le même étage, ne débouchent sur rien de plus complexe.

Sculpter et élever l’intelligence est un travail du rétro-contrôle conscient. Ce n’est pas simplement alimenter son esprit en concepts mais réfléchir à la manière dont ils sont reliés. Nous pouvons bien sûr utiliser des mimétismes, lire les réflexions des auteurs sur le sujet. Mais cela reste un tatouage extérieur, une mémorisation d’une nouvelle portion de structure mentale conçue par l’auteur. La véritable intelligence créatrice s’active quand vous posez le livre et que vous saisissez crayon et page blanche pour encourager vos réflexions propriétaires sur le sujet.

Quand elles ont pris vie, il est temps alors d’ouvrir quelques ouvrages de référence pour vérifier s’il s’agit de divagations.

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