Quand votre corps bouge, est-ce que votre conscience bouge ?

Dans tous mes livres et conférences, j’utilise un principe appelé « topofumisterie » : il existe, caché au sein de mon discours fort sérieux, une énorme incongruité. Le but est de garder le lecteur ou l’auditeur en éveil, car le texte est ardu, parfois abscons… flirtant avec l’absurdité ? Eh bien oui, au moins en une occasion. Ma hantise est d’être cru sur la beauté ou le mystère du verbe.

Dans un livre sur la conscience (non traduit en anglais), j’explique que le jet-lag est causé par un déplacement du corps beaucoup trop rapide pour que la conscience puisse le suivre. La pauvre ne bat pas assez vite des ailes dans l’éther. Il arrive qu’elle ne rejoigne son support physique que plusieurs jours en retard. Dans l’intervalle le corps s’est déplacé comme un zombie, mu par des réflexes sommaires, confondu avec la personne entière uniquement parce qu’il se retrouve au milieu d’étrangers qui ne le connaissent pas vraiment, sinon il ne ferait pas illusion longtemps.

Je cherche activement un moyen de remédier au jet-lag par l’invention d’un fluide de transport qui permettrait de placer sa conscience dans son bagage à main et en disposer immédiatement à l’arrivée. Mais mes expériences n’ont pas abouti. Dernièrement j’ai essayé la congélation. Malheureusement quand je me suis présenté devant le portique de sécurité avec un gros bloc de glace sur la tête, les douaniers m’ont refoulé…

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