Nos souvenirs sont-ils détruits au fil de la vie ? Je veux dire, disparaissent-ils complètement de notre cerveau ou tout ce qui est arrivé dans le passé est-il encore quelque part dans le cerveau ?

Supposons que, plus jeune, vous ayez joué au tennis. Manque de disponibilité : vous avez remisé votre raquette dans un grenier. Sans entretien, elle s’est dégradée. Pas uniformément. Le manche en cuir s’est racorni en premier. Puis les boyaux du cordage ont séché et ont fini par lâcher. Le cadre en fibre, lui, n’a pas bougé. Vous décidez soudainement de rejouer au tennis ! Vous savez qu’il existe une raquette au grenier. En la ressortant vous constatez qu’elle est inutilisable. Votre intention vous pousse à refaire le cordage. Et le manche. La raquette redevient fonctionnelle.

Les souvenirs sont ainsi. Structurés d’éléments plus ou moins résistants au temps, selon qu’ils sont utilisés par d’autres souvenirs ou non. Quand une association n’est plus entretenue, son chemin neurologique s’étiole. Mais ce n’est pas toute l’architecture du souvenir qui a disparu. Si le contexte l’ayant créé réapparaît (l’équivalent de votre intention de rejouer au tennis), il va refaire le chemin du souvenir complet. Les associations se reforment. Le mot qui vous manquait l’instant d’avant, ou le souvenir perdu, ressurgissent.

Le souvenir n’est pas une information monolithique, mais un schéma mental pyramidal, dont nous perdons facilement les étages supérieurs, rarement les fondations. Les fondations recréent les étages si les données à traiter reproduisent les conditions où le souvenir s’est formé.

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