Comment la science pourra-t-elle jamais prouver sans le moindre doute que la conscience est juste un produit du cerveau, et s’ils (les scientifiques) savent qu’ils ne le peuvent pas (comme les théologiens savent qu’ils ne peuvent pas prouver le contraire), quel est l’intérêt de seulement essayer ?

Il n’y a aucun intérêt à vouloir démontrer quoi que ce soit au-delà du doute.

D’une part parce c’est impossible. D’autre part parce que c’est le doute qui fait progresser la connaissance. Différence principale entre la science et la religion. La seconde croit, elle ne doute pas. Connaissance en conserve. La science doute. Perpétuellement. Mais elle a besoin de fondations stables pour se structurer. Elle choisit donc certains paradigmes pour leur solidité face aux expériences. Construit ses branches autour des représentations les plus fermes. Il est possible de changer leur structure par le doute. A l’évidence c’est plus difficile pour une branche maîtresse qu’un jeune rameau. Ainsi le doute efficace est un doute gradué. Une vision cohérente de la réalité n’est pas dépourvue de suspicion. Elle est entourée par un doute clairsemé. Au sein de cette représentation existe encore un doute fort, qui l’agite. Mais la gradation du doute nous permet de vivre dans une bulle structurée au milieu de l’univers des possibles, capable de s’adapter souplement à tout ce qui peut surgir. Tandis que les croyances sont réputées remarquablement impuissantes face à l’inattendu.

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