Un esprit peut-il exister sans un corps ? La conscience a-t-elle besoin d’une manifestation physique ?

Avec une telle formulation de votre question, vous obtiendrez certainement des réponses mystiques impressionnantes. La conscience EST une manifestation physique. Celle que nous éprouvons avec un cerveau humain est parfaitement superposable à une activité physiologique et neurologique complexe, dont d’infimes variations transforment l’état de conscience. Par exemple des modifications biochimiques circadiennes et le ralentissement de l’activité de certains neurones excitateurs vous font plonger dans le sommeil, en fait un état de conscience modifié, considérablement moins connecté, donc non reconnu comme similaire par la conscience éveillée. Pourtant le passage de l’un à l’autre est progressif (parfois très rapide si vous vous faites assommer !)

La conscience mystique, séparée du corps, est un fourre-tout pratique pour ne pas se préoccuper de ce qui nous fait fonctionner, de ce qui forme notre identité, du bon mais aussi du mauvais, l’un et l’autre étant agissants dans notre esprit. Que le bon souhaite se débarrasser du mauvais ne suffit pas. Impossible de s’amputer ainsi de sa structure mentale. Quand cela arrive subitement (accident vasculaire cérébral), le résultat est un handicapé et non une meilleure personne. La conscience mystique est un endroit parfait pour y loger nos idéaux. Ils y semblent inaltérables. Pourtant vous sentez bien qu’ils changent. Vous n’avez pas les mêmes aujourd’hui que lorsque vous étiez enfant. Les idéaux ont un support physique comme le reste de notre univers conceptuel.

La conscience humaine est un processus de représentation des choses, le plus sophistiqué actuellement que nous connaissons. Cependant représenter les choses ne demande nullement d’être humain, ni même d’avoir un cerveau (plantes et bactéries ont des réactions spécifiques à leur environnement donc en possèdent une représentation), ni même d’être vivant (mais c’est un peu compliqué d’expliquer ici tout le processus d’organisation de la réalité). La définition de « conscience » peut donc être restreinte à un seul individu (personne n’a les mêmes contenus de conscience) ou étendue à l’ensemble des entités réelles si l’on parle seulement de représenter quelque chose. La « conscience humaine » est une catégorisation fondée uniquement sur le fait que tous les êtres humains possèdent un cerveau grossièrement construit de la même façon, dont les productions fonctionnelles sont voisines, et qui forment ensemble une structure sociale complexe, une « superconscience » que l’on appelle la conscience sociale, et qui a bien elle aussi un support physique : elle est hébergée sous une version particulière dans chacun de nos cerveaux, et se « met à jour » à chacun de nos évènement sociaux.

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