Comment savez-vous si votre subconscient est plus fort que votre conscient ?

L’idée d’un conflit conscient-subconscient a été popularisée par la psychanalyse, mais elle est réductrice. Le système nerveux tout entier fonctionne sur le principe du conflit, qui constitue le coeur de l’auto-organisation. Un neurone qui décharge exerce une influence, qui peut être déterminante ou contrecarrée par d’autres. Toute information, tout évènement, déclenche des conflits dynamiques. Ils existent au sein de chaque étage de traitement neural, du bas jusqu’en haut de la pyramide. Ces conflits se résolvent en données organisées.
Les échanges entre conscient et inconscient sont des influences bidirectionnelles, flux ascendant des données sensorielles traitées et transformées en actions brutes, flux descendant des évaluations conscientes affinant l’agir. Le respect du rôle de chaque flux est nécessaire au bon fonctionnement de l’ensemble.

Imaginez que votre conscience soit placée dans un robot ultra-sophistiqué, capable d’exécuter seul la plupart des ordres que vous lui adressez, à condition que ces ordres respectent la séquence des algorithmes qu’il utilise. Si vous envoyez un ordre incohérent, il est ignoré, ou le robot se met en panne. Bien que la conscience soit aux commandes du plan d’action, elle ne peut rien faire sans les circuits exécutifs du robot, qui attend des ordres compréhensibles pour son système d’exploitation. Peut-on dire que la conscience, ou le robot, soit le plus fort ? Non, cela n’a aucun sens. Ils doivent travailler en concertation. Si la conscience veut faire passer un ordre que ne comprend pas le robot, elle doit apprendre à le connaître, déterminer pourquoi cet ordre est incompatible.

Le robot, vous l’avez compris, est notre subconscient. Son programme est imprégné de toutes les situations qu’il a rencontrées jusqu’ici. On ne peut pas le faire agir n’importe comment. Heureusement ! Notre conscience est très facile à manipuler. Il n’est pas sûr qu’elle agisse toujours à notre profit. Regardez parfois comme notre corps réagit bruyamment à un médicament que notre conscience tient absolument à lui faire absorber…

Certains fouillent délicatement leur subconscient à la recherche de leur vrai Moi. Ils n’ont pas tort, sauf qu’il s’agit du Moi identitaire plutôt que « vrai ». Il peut évoluer. La conscience lui déverse beaucoup d’espérances, en majeure partie d’origine étrangère. Le rôle du conscient est aussi de reconnaître cette identité et juger de ce qu’elle peut intégrer.

Une personnalité forte n’est pas un conscient fort, mais un conscient et un inconscient disant la même chose.

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