Les secrets de l'ostéopathie.

L’ostéopathie est un ensemble de techniques de traitement des articulations et des tissus dont le mode d’action et les indications restent imprécis. Schématiquement le cheminement de la médecine scientifique classique est: observations -> théorie -> mise au point d’un traitement -> vérification de son efficacité. L’ostéopathie n’emprunte pas ce cheminement, ce qui l’a longtemps fâchée avec l’Académie de Médecine; c’est plutôt: expérimentation à partir d’un cas fortuit (la technique manuelle est souvent découverte par hasard) -> mise au point d’une théorie -> pas de vérification de la théorie qui reste à l’état de croyance.
Cela n’enlève rien à l’efficacité parfois spectaculaire de la technique. Suite…

Les diagnostics difficiles à l'épaule

L’essentiel
Tableaux classiques
-L’épaule douloureuse simple
-L’épaule aiguë hyperalgique
-L’épaule gelée
-L’épaule pseudo-paralytique
Les névralgies de la région de l’épaule
L’omarthrose
L’arthrose acromio-claviculaire
L’épaule instable
Les rhumatismes inflammatoires
Les formes intriquées. Suite…

Prise en charge d'un accidenté du travail

Nous n’insisterons pas sur l’utilisation actuellement galvaudée de l’accident du travail, ni sur l’obsolescence de cette législation conçue à l’origine dans un contexte de médiocre prise en charge sociale des soins. Il serait souhaitable de la faire évoluer en douceur, par exemple en précisant dès le début une période fixe de soins fonction de la pathologie, qui ne pourrait se prolonger qu’après expertise par le médecin conseil ou un spécialiste.
L’AT est une véritable machine à fabriquer des handicapés. Dans la plupart des pathologies, il apparaît comme l’un des principaux clignotants de mauvais pronostic, en rhumatologie souvent même devant les critères lésionnels objectifs.

Traumatisme personnel, décompensation d’une ambiance professionnelle difficile, effert pervers de l’entourage (négation du trauma ou au contraire surprotection), sont les éléments favorisants qu’il faut s’attacher à dépister parfois dès le certificat médical initial.
Notre rôle n’est pas de faire le gendarme. Nous sommes au service de nos patients et ne devons pas altérer la confiance qu’il place en nous. Si nous avons l’impression d’être en face d’un véritable profiteur (rare heureusement), mieux vaut mettre les choses au clair et l’envoyer gentiment prendre l’avis d’un confrère plutôt que se torturer la conscience à chacune de ses visites. Mais la plupart du temps notre but sera d’éviter une véritable impasse sociale à laquelle conduit l’arrêt de travail prolongé et le déconditionnement du travail.

Jetons le pavé: dans un AT, les examens complémentaires se multiplient au mépris de toutes les règles de bonnes pratiques. Eh bien oui! Il faut pratiquer très tôt des examens détaillés. Un traumatisé cervical est très algique; sachant que les radios ne montrent pas tout, il ne pourra croire à son intégrité tant que vous ne lui aurez pas montré le compte-rendu d’un scanner ou d’une IRM. Vous ne pourrez pas vous-même vous engager dans une réinsertion professionnelle du patient si malgré votre examen clinique rassurant, vous avez un doute sur une lésion sous-jacente.
Un écueil majeur survient: une lésion est découverte, mais dont la responsabilité est douteuse. De toute façon cet écueil est incontournable. Vous éviterez l’attitude « vous voyez bien que j’ai quelque chose » en prenant l’initiative. Votre pédagogie et votre air détendu fera merveille pour expliquer que arthrose et protrusions discales sont banales et qu’il peut être catastrophique de toucher à une lésion ancienne tenue pour responsable du problème actuel.

Ayant bien précisé la situation lésionnelle du patient, vous pouvez faire maintenant le tour détaillé des possibilités thérapeutiques ou vous atteler à sa réinsertion si celles-ci sont déjà épuisées. Rappelons-nous que le repos est un traitement comme les autres: inutile d’insister s’il n’amène aucune amélioration. Il finit par provoquer des complications, difficilement réversibles: perte musculaire, déconditionnement psychologique au travail.

Il est plus facile de négocier un changement de poste avec l’employeur au bout d’un mois qu’au bout de six. Nous devons prendre facilement notre téléphone pour contacter le médecin du travail, interface obligatoire. Lui seul parfois nous apprendra la situation professionnelle exacte du patient. Bien que celui-ci ne rechigne guère à indiquer que son travail ne le motive pas. Bien entendu nous ne sommes pas une ANPE, mais nous pouvons aider le patient à bâtir un projet autre que la vie dans le nid douillet de l’AT, qui aura une fin brutale tôt ou tard.

Quelques trucs utiles dans la relation avec le patient en AT:
* Il faut reconnaître le traumatisme. Même si l’accident a eu des conséquences physiques minimes, le traumatisme psychologique peut être important. Si l’accident a été minimisé au travail ou dans l’entourage, le patient se sent traité de simulateur et ne peut pas faire son deuil du trauma. Vous serez surpris de la réaction de soulagement qu’auront certains à qui vous direz simplement: « Vous avez du avoir une sacrée trouille », « vous avez eu de la chance de vous en tirer ».
* Il faut, après examen soigneux de toutes les pièces du dossier, affirmer la consolidation (ou prenez rapidement l’avis d’un confrère si vous n’êtes pas sûr). Ne dîtes pas guérison (encore que ceux qui n’ont pas le profil à traîner en AT l’attendent). Vous avez reconnu le traumatisme, expliqué ses conséquences néfastes. Vous pouvez maintenant affirmer que la lésion est cicatrisée. Les douleurs persistantes peuvent rester invalidantes, mais sont cicatricielles. Elles sont souvent ressenties tellement pénibles par le patient qu’il imagine se détruire un peu plus à chaque mouvement. Si vous lui affirmez qu’il s’agit de cicatrices, il va les considérer autrement.
* Faites pratiquer à votre patient l’ « échelle émotive du handicap » pour juger du retentissement de votre prise en charge sur son moral. Expliquez-lui qu’il y a 2 façons extrémistes de considérer sa situation: l’attitude « gendarme »: les examens complémentaires sont normaux pour son âge, il n’a aucune raison d’avoir mal. L’attitude « plaignante »: le handicap ressenti est tel qu’il ne pourra jamais s’en sortir. Vous tracez votre ligne du pôle « aucune raison d’avoir mal » à « handicapé majeur à vie » et demandez au patient de se situer. N’hésitez pas à vanter l’importance de ce test pour le suivi. Dans ce contexte particulier c’est sans doute plus utile que la classique échelle visuelle analogique de la douleur.
* Enfin, le plus important: choisissez le bon discours au bon moment. Malgré la stratégie interventionniste que j’ai proposé ci-dessus, pas la peine d’insister si le patient n’accroche pas avec votre attitude. Semez votre petite graine, qu’il sente que la simple attente ne va pas être la solution aux problèmes. Adressez, car la prise en charge de l’AT est encore plus que d’habitude une affaire d’équipe, de discours homogène et donc de communication entre les différents intéressés.