Le vélo est-il bon pour les rotules ?

Dans le syndrome rotulien aigu :
Votre genou gonfle discrètement autour de la rotule, vous avez du mal à le plier (sans vrai blocage), l’accroupissement est difficile voire impossible, les escaliers deviennent une épreuve affreuse, vous n’avez pas de point douloureux bien précis (vous désignez l’avant du genou ou un côté de la rotule), et l’autre genou est souvent touché. Les symptômes sont survenus après un effort inhabituel ayant forcé sur l’avant de la cuisse et du genou : randonnée avec pente, escaliers interminables, accroupissement ou travail prolongé à genoux. C’est un syndrome rotulien aigu ; le « pneu » recouvrant l’arrière de votre rotule, face à la trochlée (sorte de vallée où glisse la rotule à l’extrémité inférieure du fémur), est altéré, ramolli, perd sa résistance aux pressions qui se majorent dès que vous pliez le genou.
Si les ennuis proviennent d’un contexte inhabituel, il n’est pas obligatoire que vos rotules soient en mauvais état et impuissantes à guérir. Un repos relatif peut suffire (étendre les jambes le plus souvent possible).

Dans le syndrome rotulien chronique :
Quand les douleurs durent plus de quelques semaines, il devient certain que vos habitudes posturales quotidiennes ne conviennent pas à vos rotules et les empêchent de cicatriser. Le vélo, dans ce cas, est certainement une excellente thérapeutique, à deux conditions :
1- Régler la selle assez haute pour que votre genou passe par l’extension complète lors du pédalage. Vous devez sentir le décollement bénéfique de la rotule lors de ce passage.
2- Chercher l’axe le plus confortable pour la rotule, en rapprochant plus ou moins le genou de la barre centrale lors du pédalage. En général c’est quand vous voyez votre pied bien dans l’axe du genou, mais c’est à moduler selon ce que vous ressentez. Souvent le genou doit être rapproché de la barre centrale davantage que vous ne le faites spontanément, car beaucoup de gens sont en genuvarum, c’est-à-dire les genoux trop éloignés du milieu.

Quels exercices physiques ?

Le site ne comporte pas une liste exhaustive d’exercices car la plupart sont bien codifiés et il vaut mieux les réaliser sous la surveillance d’un kinésithérapeute pour vérifier qu’ils sont correctement effectués.

Plus important est de savoir si les exercices conviennent véritablement à votre pathologie. Il existe en effet un grand nombre de « philosophies » de rééducation, trop souvent appliquées de façon empirique et systématique sans que l’on ait une bonne connaissance de la lésion anatomique responsable de vos douleurs.
Même le résultat d’un examen complémentaire doit être apprécié en fonction du type de douleur. Par exemple une hernie discale vue au scanner peut être là depuis longtemps et une douleur irradiant au bassin ou à la fesse peut provenir plutôt d’un surmenage relatif de la jonction entre vertèbres lombaires et dorsales, à force d’avoir les lombaires immobilisées, ou encore de l’affaissement du disque, suite à la sortie de la hernie, avec un surmenage des articulations postérieures, qui simulent une sciatique. C’est tout l’intérêt de vous promener dans les tableaux anatomo-cliniques de lombosciatique pour essayer de préciser la case où vous êtes, et choisir la méthode de rééducation adaptée.
Je signale ici, par contre, des méthodes originales que ne pratiquent pas habituellement les kinésithérapeutes et que l’on peut utiliser soi-même :
Méthode proposant une rééducation homogène de tous les muscles de la colonne plutôt qu’un simple gainage par renforcement des abdominaux. Elle se situe donc dans les rééducations globales, particulièrement utiles pour ceux qui présentent des douleurs rachidiennes chroniques, aussi bien cervicales, dorsales que lombaires, et fréquentent de ce fait très souvent les ostéopathes. L’utilisation de cette méthode peut raréfier beaucoup les consultations. L’appareil utilisé peut être acheté sur le site mais est relativement facile à confectionner soi-même. La quantité de poids à placer dans les poches doit être augmentée progressivement.
5 exercices simples à faire quotidiennement pour « mettre la machine en route ».

Le discours de l'ostéopathe

Devez-vous faire plus confiance à ce que trouve l’ostéopathe qu’à ce que votre corps vous raconte?

L’ostéopathe se fie à des règles. Il cherche des asymétries, des défauts de mobilité, des mauvais positionnements. Mais comment savoir s’ils sont, chez vous, vraiment pathologiques?
Nous ne sommes pas symétriques. Nous sommes adaptés.
Adaptation qui se produit surtout pendant la croissance, beaucoup moins par la suite. Un enfant coureur aura des membres inférieurs bien conçus pour la course à pied. Un jeune tennisman ne fera pas de tendinites au membre supérieur, adapté tôt aux gestes contraints par ce sport.
Bien des problèmes de la maturité viennent des changements d’habitudes physiques: travail assis en permanence quand on était très sportif jeune, ou au contraire charges et marches fréquentes alors qu’enfant, on était fâché avec les activités physiques.

Nous sommes un ensemble d’automatismes et de programmes de correction.
Ce que va trouver l’ostéopathe peut être le résultat d’une compensation tout à fait adaptée à votre fonctionnement très personnel. Intervenir n’est pas, dans ce cas, judicieux.
Explication aux douleurs qui apparaissent en des endroits dont l’ostéo s’est occupé, ayant repéré un placement vertébral insatisfaisant, mais dont vous ne vous êtes jamais plaint…
Le thérapeute s’en tire par une pirouette, expliquant qu’il a « révélé » un trouble que vous ne ressentiez pas. En fait il a modifié un équilibre qui tenait par ce placement particulier.

L’idée de « symétrisation » ou de « schéma idéal » pour le fonctionnement global est une utopie, dont personne ne peut détenir les innombrables clefs. La santé ostéo-articulaire passe par de bonnes compensations, et c’est là une des grandes inégalités entre les individus, certains dits d’excellente « proprioceptivité » trouvant intuitivement et spontanément les meilleures attitudes, d’autres n’y comprenant rien.
Les premiers sont bien sûr ceux préférentiellement portés sur les activités physiques en tous genres, conformation cérébrale qui se manifeste très tôt dans la vie avec des enfants qui montrent de pétulants centres moteurs, tandis que d’autres restent plus longtemps la main pendouillant au bout du bras, avant de découvrir à quoi elle sert.
Mais l’activité physique n’est pas que compétition, elle est aussi adaptation à son mode de vie.

Pouvez-vous vous fier à ce que vous ressentez?
Vous en doutez certainement si vous êtes préventivement chez l’ostéo tous les mois.
Vous doutez surtout de vos capacités à le faire.
C’est le plus grave, surtout si vous vous entourez de personnes qui vous aideront à vous en convaincre, pour des motifs commerciaux.

Rendez-vous compte de la perfection de vos automatismes déjà existants:
Cet assemblage biscornu d’os, de cordages, d’organes, d’excroissances variées,
tient debout tout seul, sans que vous y pensiez !
(si vous vous êtes assis rien qu’à cette idée, je vous conseille de vous faire brancarder immédiatement chez le psy…)
Vous êtes donc, de base (et de sommet), très performant. Un édifice remarquablement stable.
Et capable, de surcroît, de vous avertir des adaptations à suivre pour que l’auto-réparation agisse en toute efficacité: la douleur est un signal fort. La douleur dit « non ». Sa disparition dit « oui », bougez à nouveau.

3 erreurs vous guettent en respectant aveuglément le signal douloureux:
Suite pour les adhérents…

FAQ Genou ménisque arthroscopie viscosupplémentation

Des questions libres:
L’IRM montre à la fois un ménisque abîmé et de l’arthrose. Faut-il faire une arthroscopie?
Les ménisques sont-ils indispensables? Quels problèmes si on les enlève?

Pour les adhérents:
Les injections de hyaluronate (viscosupplémentation) ne marchent pas toujours. Pourquoi?

Vidéos: Auto-rééducation de l'épaule et mobilisations des doigts

Une épaule travaille trop vers l’avant et tend à se décentrer: Voici la rééducation simple et rapide à pratiquer si vous avez déjà eu des crises douloureuses à ce niveau.

Doigts verrouillés par l’arthrose ou par des séquelles d’entorse, d’arthrite?
La vidéo pour débloquer

Base du pouce et rhizarthrose

L’essentiel:
-arthrose de la base du pouce, fréquente.
-entraîne des douleurs très diffuses de la racine du pouce
-pièges diagnostiques: tendinite, dérangement articulaire, névralgies
-l’immobilisation (orthèse) est utile en période de douleurs fortes et continues
-mais il existe des protocoles plus actifs et rapides
-le traitement de fond est un recentrage actif de la base du pouce
-découvrez comment le pratiquer vous-même.

En détail…