Le discours de l'ostéopathe

Devez-vous faire plus confiance à ce que trouve l’ostéopathe qu’à ce que votre corps vous raconte?

L’ostéopathe se fie à des règles. Il cherche des asymétries, des défauts de mobilité, des mauvais positionnements. Mais comment savoir s’ils sont, chez vous, vraiment pathologiques?
Nous ne sommes pas symétriques. Nous sommes adaptés.
Adaptation qui se produit surtout pendant la croissance, beaucoup moins par la suite. Un enfant coureur aura des membres inférieurs bien conçus pour la course à pied. Un jeune tennisman ne fera pas de tendinites au membre supérieur, adapté tôt aux gestes contraints par ce sport.
Bien des problèmes de la maturité viennent des changements d’habitudes physiques: travail assis en permanence quand on était très sportif jeune, ou au contraire charges et marches fréquentes alors qu’enfant, on était fâché avec les activités physiques.

Nous sommes un ensemble d’automatismes et de programmes de correction.
Ce que va trouver l’ostéopathe peut être le résultat d’une compensation tout à fait adaptée à votre fonctionnement très personnel. Intervenir n’est pas, dans ce cas, judicieux.
Explication aux douleurs qui apparaissent en des endroits dont l’ostéo s’est occupé, ayant repéré un placement vertébral insatisfaisant, mais dont vous ne vous êtes jamais plaint…
Le thérapeute s’en tire par une pirouette, expliquant qu’il a « révélé » un trouble que vous ne ressentiez pas. En fait il a modifié un équilibre qui tenait par ce placement particulier.

L’idée de « symétrisation » ou de « schéma idéal » pour le fonctionnement global est une utopie, dont personne ne peut détenir les innombrables clefs. La santé ostéo-articulaire passe par de bonnes compensations, et c’est là une des grandes inégalités entre les individus, certains dits d’excellente « proprioceptivité » trouvant intuitivement et spontanément les meilleures attitudes, d’autres n’y comprenant rien.
Les premiers sont bien sûr ceux préférentiellement portés sur les activités physiques en tous genres, conformation cérébrale qui se manifeste très tôt dans la vie avec des enfants qui montrent de pétulants centres moteurs, tandis que d’autres restent plus longtemps la main pendouillant au bout du bras, avant de découvrir à quoi elle sert.
Mais l’activité physique n’est pas que compétition, elle est aussi adaptation à son mode de vie.

Pouvez-vous vous fier à ce que vous ressentez?
Vous en doutez certainement si vous êtes préventivement chez l’ostéo tous les mois.
Vous doutez surtout de vos capacités à le faire.
C’est le plus grave, surtout si vous vous entourez de personnes qui vous aideront à vous en convaincre, pour des motifs commerciaux.

Rendez-vous compte de la perfection de vos automatismes déjà existants:
Cet assemblage biscornu d’os, de cordages, d’organes, d’excroissances variées,
tient debout tout seul, sans que vous y pensiez !
(si vous vous êtes assis rien qu’à cette idée, je vous conseille de vous faire brancarder immédiatement chez le psy…)
Vous êtes donc, de base (et de sommet), très performant. Un édifice remarquablement stable.
Et capable, de surcroît, de vous avertir des adaptations à suivre pour que l’auto-réparation agisse en toute efficacité: la douleur est un signal fort. La douleur dit « non ». Sa disparition dit « oui », bougez à nouveau.

3 erreurs vous guettent en respectant aveuglément le signal douloureux:
Suite pour les adhérents…

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