fév 212009
 

Pas facile, avec une côte fracturée, fêlée ou contuse,
de côtoyer le reste du monde et en particulier son lit.

Votre douleur est réveillée dans 3 situations:
-la pression directe sur la zone traumatisée bien sûr,
-les secousses thoraciques
-la pression sur le thorax selon un angle qui tend à disjoindre les bords de la fracture

Premier truc bien connu: la fixation de la côte à ses voisines par un Elastoplaste.
Attention à le faire de façon efficace, un petit strapping mince ne servant à rien.
Choisissez la plus grande largeur. Précisez élasto non extensible à la pharmacie.
Découpez la bande en tronçons de 25 cm de long. Décollez la protection.
Appliquez en centrant la bande sur le foyer de fracture.
Additionnez par-dessus les autres tronçons: Le but est d’épaissir suffisamment le pansement pour que vous ayez l’impression d’une plaque de plâtre collée au thorax.
Précautions:
-vérifiez tous les jours l’absence de rougeur sur les bords du pansement (allergie -> tout enlever rapidement; une démangeaison méchante est également suspecte)
-protégez le pansement avec un plastique pour la toilette, pour ne pas être obligé de le changer tous les jours.

Grand souci: Eviter les éternuements et la toux, qui secouent désastreusement le foyer de fracture. Des quintes de toux violentes peuvent d’ailleurs provoquer des fractures de côtes, surtout chez les femmes âgées ostéoporotiques,
-> évitez le voisinage des nez qui coulent et des gorges irritées,
traitez agressivement le moindre démarrage de toux, par sirop ou sans avaler de médicament par la méthode décrite dans les trucs de médecine générale (adhérents)

Dernière situation, la plus difficile à gérer: l’alitement pour la nuit.
Le thorax est une cage grossièrement cylindrique aux barreaux en demi-cercles.
Selon l’endroit où vous le pressez sur le lit, les forces vont s’exercer dans l’axe de la côte -> pas de douleur,
ou au contraire la faire bomber sur l’endroit fracturé ou fêlé -> tendance à écartement des 2 bords de la fêlure -> douleur.
Cherchez donc soigneusement l’endroit favorable en tournant centimètre par centimètre sur un côté puis l’autre,
et en combinant avec 2 autres actions:
-l’élévation du bras, qui met en tension des muscles attachés sur les côtes, ce qui les immobilise ou équilibre les tractions. A moindre degré le fléchissement d’une jambe et l’extension de l’autre peut également jouer.
-le calage avec plusieurs oreillers qui va contrebalancer le poids du corps, et même vous permettre de dormir à plat ventre, si c’est votre position favorite, en plaçant sous le demi-thorax un oreiller au-dessus et un autre au-dessous du foyer douloureux.

Le délai pour en sortir va de 2 semaines pour une contusion légère à plus de 2 mois pour une vraie fracture -> ne vous inquiétez pas si le temps vous paraît long.
Au-delà de 3 mois il faut refaire des examens plus détaillés.
Exceptionnellement un chirurgien peut faire une ostéosynthèse (petite plaque unissant les extrémités de la côte fracturée), mais c’est une réparation fragile, exposant à des complications de rupture ou d’infection, demandant quand même de respecter les précautions ci-dessus… -> prenez votre mal en patience.

 Posted by at 2 h 38 min

  24 Responses to “Fracture de côte”

  1. Bonjour, j’ai lu avec intérêt votre message, car je pense m’être fracturé une côte (ou deux), en tombant de mon lit ….
    Il faut dire que j’ai 78 ans. Je n’ai pas d’ostéoporose, ayant passé une densytométrie il y a trois mois. Mais je souffre le martyre, surtout la nuit. Je passe une radio demain pour savoir si je n’aurais pas d’autre côtes cassées?
    Votre article m’a été bien utile et je vous en remercie

    • Merci. Cet article est, étonnamment, le plus lu sur le site. Nos côtes semblent bien fragiles, peut-être parce qu’Adam s’en est fait piquer une sur deux :) Il aurait du donner à Dieu son coccyx, beaucoup moins utile…

      • Je crois que vous n’avez jamais eu de douleur au coccyx….sinon vous ne diriez pas celà d’Adam.
        J’ai eu plusieurs fois deux ou trois côtes cassées…et deux fois un choc…sans fracture à mon coccyx…Je préfère dix fois la douleur des côtes….car ‘on peut toujours aller aux toilettes….alors que quand vous êtes atteint au coccyx….impossible de même s’asseoir…

        • Si Adam avait donné son coccyx, il n’aurait pas pu souffrir à cet endroit ;-) L’ablation du coccyx est d’ailleurs pratiquée dans les douleurs rebelles de cet os.

  2. Merci des infos,
    Le karaté ma fait connaitre ce mal.

  3. Ces infos m’ont été utiles à moi aussi. J’ai 42 ans et je crois avoir une fissure aux côtes. Cela a commencé environ 1 à 2 hres après que mon chum et moi avons jouer à nous chatouiller. Je n’ai senti aucune douleur sur le moment, mais par la suite, quelques heures plus tard, le mal grandissait. Cela fait 2 jours que cela fait mal, surtout la nuit. Je me suis diagnostiquée que probablement j’avais une fissure aux côtes. :(

  4. Bonjour,

    Je me suis cassé 4 côtes il y a pas mal d’années (8 ans). La moto laisse des marques non négligeable. Je viens vous donner mon expérience en matière de traitement de la douleur (pour la nuit principalement).

    Les côtes cassées, ou fracturées, c’est vraiment un calvaire. Une douleur constante, à chaque respiration on a envie que cela s’arrête. Mais on ne sait pas combien de temps cela va durer. Aucun médicament ou traitement ne fait vraiment passer la douleur. Elle est présente en permanence, et devient vite gênante pour chaque mouvement.

    Mais la douleur de la journée n’est rien comparée à celle de la nuit. Le moment ou l’on espère une légère pause.

    Le seul moyen que j’ai trouvé pour dormir sans « trop » de douleurs dans mon lit a été de le surélever. J’ai du rehausser la partie haute de mon lit (plus de 20°) par rapport à la partie basse. En dormant sur le dos, je restait immobile toute la nuit me limitant grandement les douleurs dues aux changements de position. Cette position presque assise peu gêner au début, mais elle est vite devenue ma position favorite. Ayant été alité pendant deux semaines, cette position m’a bien aidé à apaiser au maximum la douleur des côtes.

  5. Encore une blessure aux cotes,ce coup de poing au karaté ne me fait aucun mal mais le mal est fait.on fait un bleu et 4-5 jours plus tard « ayoye ».Si on éternu,on veut pleurer.Si on conduit en mème temp il faut arrèter.Dormir sans bouger c’est pas facile.Mais le reste n’est pas trop pire.Est il possible de s’endurcire?Je doit mieu me protèger en? Ok je vais faire attention.Je vous en reparle.

  6. Bonjour,

    Malheureusement pour toi Coupal, il n’est pas possible de s’endurcir les côtes. Une fois les côtes fracturées ou fêlées elles sont plus sensibles que les autres. Et tu ne peux rien faire pour ça. Certains mouvements ou chocs feront revenir la douleur, moins intense qu’une fracture, mais douloureuse quand même. Ceux qui ne se sont jamais fracturés ou fêlés des côtes ne connaissent pas leurs bonheur.

    Malgré mes 4 côtes cassées, cela ne m’empêche pas la pratique de la Boxe Française. Une bonne garde me permet de compenser ce léger point faible. Les muscles présents au niveau des côtes ne sont pas suffisamment épais pour faire une couche de résistance. L’utilisation de bandes sur la partie des côtes peux amortir les chocs, mais la vigilance et les reflex seront tes meilleurs atouts.

  7. pourtant il me semblait qu’un os cassé après guérison devenait plus solide du à la recalcification. Serait-ce un mythe ?

    merci

    Dans mon cas, un exercice de course arrêté par une barrière avec les mains. Mauvais réflexe puisque pour cette fois, c’est aller plus loin et le bas de la cote a vrillé. J’ai senti immédiatement la torsion et une légère douleur, ai pu terminé sans problème ma séance de sport, ai vaguement mal dormi, sans plus.

    Le lendemain, ce n’est plus la même histoire ayant continué à suivre un coaching sportif pendant quelques jours, la douleur s’est intensifiée chaque jour et pire la nuit. Maintenant, repos forcé et vu la douleur malgré le doliprane 1g, j’en ai pour un long moment à prévoir.

    • Un cal osseux est effectivement solide… quand le remodelage osseux est terminé, au bout de plusieurs semaines de tranquillité. Si de nouvelles contraintes excessives sont survenues dans l’intervalle, il peut se former une « pseudarthrose », fissuration persistante au sein du cal -> les douleurs continuent.
      D’autres de fragilisation sont possibles : désaxation d’un os long sur la fracture qui va entraîner des contraintes anormales ; prise de biphosphonates pour l’ostéoporose, qui ralentit le renouvellement osseux…

  8. Bonsoir,
    Je me suis cassée deux côtes ( 7 et 8)côté gauche en m’évanouissant et la douleur quand j’ai atteri et j’ai pris conscience que j’étais tombée, était tellement forte que j’étais incapable de me relever pendant quelques instants que je pensais que je faisais une crise cardiaque (j’ai 46 ans bientôt) Finalement j’ai réussi à ramper hors des WC pour rester allongée dans le couloir. Les ambulanciers débordés (suis tombée vers minuit) me gueulaient dessus car je leur disais je vais mourir d’une crise cardiaque, emmenez moi vite à l’hôpital. Aux urgences, à la radio, on ne voyait pas la fracture/fêlure alors que je n’arrivais pas à respirer sans douleurs. Là qqs jours après, j’ai du retourner chez me médecin qui a confirmé la fracture et là je combine deux antalgiques car tout mouvement me fait mal et aller au lit est un calvaire et ça me prend plusieurs minutes pour monter sur le lit et surtout m’allonger.
    Donc, merci pour le conseil pour le dodo! J’avais senti que c’était le point le plus difficile. Je me sers du bras du côté opposé des fractures comme levier et ensuiste effectivement, il faut bouger par centimètre, jusqu’à trouver la bonne position et surtout pas se précipiter!
    Mon médecin a dit surtout pas bander le thorax.
    Bon courage aux autres dans le même cas!
    douda

  9. Bonjour,
    J’ai déjà posté plus haut. Une question:
    Même si ma fracture ou fêlure ne se voyait pas à la radio, la douleur est là, mais hier soir en bougeant dans mon lit et totu à l’heure, j’ai senti bouger (avec douleur mais pas aussi horrible que le jour de la chute, ni quand j’essaie de m’installer poru dormir) une des deux côtes. ai-je raison,ou est-ce que c’est une impression?
    merci
    douda

  10. Bonjour,

    Je ne suis pas sûr que la « sensation de mouvement » au niveau des côtes soit réelle. Même cassées ou fêlées, les côtes sont plus ou moins soutenus par celles situées au-dessus. Alors je reste sceptique au mouvement éventuel d’une côte (sinon la fracture aurait été plus que visible, et même à l’oeil nu).

    Certaines fractures / Fêlures ne sont visibles que quelques jours après le choc (le coude par exemple). Certaines radios / Scanners effectués quelques jours après la chute sont plus communicantes que les premières.

    La sensation de douleur mouvantes peux quand à elle venir d’un muscle intercostal. Ce sont de petits muscles situés entre les côtes, qui ont la fâcheuse tendance à se raidir et engendrer des crampes. Autant dire que le moindre mouvement compresse les côtes, et écrase donc ce muscle. Si lors des radios, aucune fracture ou fêlure n’est présente, oriente toi vers ces muscles. (J’espère pour toi que c’est ça).

  11. Merci renegad
    Effectivement, même si j’y ai pensé, je me sius dit que si une côte bougeait, elle m’aurait cause des dégâts en qqs heures, mais j’ai revu le médecin car le Doliprane 1000 ne fait rien du tout, et il m’a donné de l’Acupan à manger lentement sur un morceau de sucre, mais malgré l’Acupan les mouvements me font super mal. Et la nuit je reste aussi sans bouger car c’est le pire moment. sur le côté j’ai l’impression qu’il y’a une boule qui descend sur mon thorax, et sur le dos, c’est mieux mais il faut trosi bons oreillers pour ne pas être totalement allongée.
    Le doc m’a confirmé comme la chef des urgentistes que j’ai bien les 7e et 8e côtes cassées. Il faut dire que je sui tombée comme un arbre en m’évanouissant donc impact maximum et puis un ou des muscles peuvent-ils faire autant mal malgré l’Acupan au moindre petit mouvement?
    merci pour la réponse
    douda

  12. Les muscles intercostales n’engendrent pas de douleurs sur les petits mouvements (et encore ce n’est pas sûr). Ils gênent principalement (en cas de crampe) lors de l’écartement ou contraction des côtes (respirer, se pencher, rigoler, tourner le bassin, etc …).

    Je ne connais pas les effets de l’Acupan, je ne suis pas un fan des médicaments ^^. Généralement, tout médicament à base de paracétamol ou d’acide acétylsalicylique (aspirine) permettent de diminuer les douleurs ressenties. Techniquement, plus la concentration de cet agent est élevé, plus il est efficace. Donc la douleur de la crampe ne devrait plus être ressentie si l’on dépasse les 1000g pour les médicament « de base ».

    Si malgré ce médicament, la douleur persiste, n’augmente pas la dose prescrite par ton médecin, car la douleur provient des os. A ce stade, seuls la patience et le temps peuvent t’aider. Seuls conseils :
    - éviter les mouvements brusques
    - éviter de trop bouger (rester aliter permet d’éviter les éventuelles problèmes lors du remodelage des os)
    - prendre son mal en patience, avec le temps les douleurs vont s’atténuer et tu auras une plus grande liberté de mouvement avant que la douleur ne se ressente ou ne disparaisse.

    Bon courage pour la guérison

  13. Lors de déplacement, (pour se coucher ou se lever), pour limiter la douleur:
    Inspirer à fond pour remplir les poumons.
    Bloquer la respiration.
    Se coucher, se lever ou tout autre déplacement.
    Puis expirer.
    Les poumons remplient d’air empêchent la côte de trop bouger, et limite la douleur.

    • Ce qui soulage n’est pas de gonfler les poumons mais de « bloquer », c’est-à-dire contracter tous les petits muscles du thorax qui immobilisent les côtes. Cela marche aussi avec les poumons vidés. En fait il existe un « taux de remplissage » des poumons préféré par chaque personne ayant une fracture de côte : celui qui évite de faire bailler la fracture vers l’intérieur ou l’extérieur.

      • En effet, je confirme.
        Je me suis fêlé une côte et on me l ‘a expliqué comme je l ‘ai écrit.
        Le but est juste de donner l ‘astuce à ceux qui souffrent.
        Mais ton explication me parait la bonne ;-)

  14. un grand merci pour tous ces judicieux conseils, j’ai enfin pu dormir 3h, mais lorsque vous êtes hélas fumeuse, une anti-biothérapie s’impose du fait de la bronchite chronique pour que celle-ci n’empire pas, tousser est un calvaire!

  15. Bonjour, très bonnes explications ssur ce site, un grand merci, en ce qui me concerne chute et choc sous sein, j’ai cru m’evanouir tant douleur vive, une demi heure après petit mieux et debout, la douleur s’est intensifiée en une semaine; maintenant à 11 jours un calvaire notamment pour dormir. Suis à 4 doliprane 1000 par jour, qu’est ce qui pourrait faire effet antalgique supérieur???? Pour info cassure insivisble radio et scanner, mais oedeme en croissant de lune sous le sein G. on apellerai ça cassure bois vert…

  16. Quand le Doliprane ne suffit pas, les antalgiques dits de « niveau 2″ actuellement disponibles sont le tramadol (Ixprim® Topalgic® Takadol® etc…) la codéine (Codoliprane®, Dafalgan-Codéine®…) et l’opium (Lamaline®). Le tramadol est celui qui donne le plus souvent des effets secondaires désagréables (nausée), mais aussi le plus efficace pour ceux qui le tolèrent. Codéine et opium sont mieux tolérés, ont l’inconvénient de constiper davantage.

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