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Autres rhumatismes Mise à jour: 10/06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tophus
(dépôts d'acide
urique dans
une goutte
ancienne)

Rhumatisme psoriasique
Ce rhumatisme apparaît chez 1 porteur sur 10 de psoriasis, une maladie de peau familiale (plaques rouges épaisses qui pèlent). L'affection cutanée et articulaire évoluent le plus souvent indépendamment (vous pouvez être en poussée pour l'un et pas pour l'autre). Parfois le rhumatisme précède l'éruption. Le diagnostic est plus difficile. Il faut chercher cette éruption dans les endroits qui ne sont pas sous vos yeux: cuir chevelu, faces d'extension des coudes et des genoux (vous pouvez la confondre avec un cal tenace), arrière des oreilles. La présence de psoriasis dans votre famille est un argument important.
Le rhumatisme psoriasique diffère de la polyarthrite rhumatoïde par une atteinte plus asymétrique des articulations (la PR touche généralement de façon identique les mains droite et gauche), l'atteinte des dernières articulations des doigts (qu'épargne la PR), la moindre fréquence de destruction articulaire. Les traitements de fond sont très proches de ceux de la PR, mais la cortisone est moins facilement utilisée en continu car la maladie cutanée peut devenir un peu dépendante de cette cortisone: elle flambe si l'on baisse la dose. Avantages et inconvénients sont à peser en fonction de la gravité du rhumatisme et des autres alternatives.
Rappelons les médicaments déconseillés en cas de psoriasis (peuvent déclencher une poussée de l'éruption): aspirine, lithium, beta-bloquants (utilisés dans hypertension et arythmie cardiaque), de nombreux antibiotiques, produits de contraste iodés (injectés avant certains examens radiologiques).


Lupus érythémateux disséminé
Environ dix fois plus rare que la polyarthrite rhumatoïde, ce rhumatisme est potentiellement plus grave par la fréquence de l'atteinte des organes internes: poumon, rein, foie, globules sanguins. Mais il existe des lupus d'activités tellement différentes que nous ne pouvons pas vous donner ici les éléments pour apprécier la sévérité du vôtre. Certains se limitent à la présence d'anticorps anormaux dans le sang et de vagues douleurs articulaires, d'autres peuvent nécessiter des traitements lourds à base de cortisone et autres dépresseurs du système immunitaire.
Quelques points à connaître: démarre typiquement chez une jeune femme (autour de la trentaine), ne détruit pas les articulations (pas de déformations comme dans la polyarthrite rhumatoïde), le seul préjudice esthétique est cutané (éruptions volontiers déclenchées par le soleil), une grossesse peut déclencher une poussée de la maladie mais est permise (si le lupus est stabilisé), la cortisone est continuée voire augmentée pendant la grossesse et après (l'accouchement peut aussi déclencher une poussée), le bébé risque d'en être marqué à la naissance (gros enfant à tête lunaire, ça dépend de la dose reçue), mais c'est entièrement et toujours réversible dans les premières semaines, l'allaitement maternel n'est pas conseillé puisque la cortisone est maintenue et va passer dans le lait.


Goutte
Maladie réputée comme étant celle des bons vivants, presque honteuse, la goutte est en fait une affection génétique: l'enzyme responsable de la dégradation de l'acide urique est moins efficace et celui-ci s'accumule dans le sang. L'excès d'acide urique peut provoquer la précipitation de petits cristaux d'urate dans une articulation: celle-ci s'enflamme très très vivement. Classiquement le goutteux atteint d'une crise au gros orteil ne supporte même pas le contact d'un drap. L'excès dans les urines peut aboutir à la formation d'un calcul, se révélant par une colique néphrétique.
Malgré ces complications impressionnantes, la goutte reste une maladie bénigne: il n'y a pas de complication à long terme de l'excès d'acide urique, comme le donnent l'excès de cholestérol, de sucre ou de tension artérielle. Pas d'encrassement des artères, pas de lésions cérébrales, rétiniennes ou cardiaques. Beaucoup de gens ignorent qu'ils ont, pour des raisons héréditaires, un taux élevé d'acide urique et ne s'en plaindront jamais au cours de leur vie.
Cependant, beaucoup de goutteux sont en surpoids, et ont d'autres facteurs de risque
pour leurs artères: diabète, hypertension artérielle, cholestérol... Savoir que la goutte n'est pas dangereuse pour les artères ne dispense pas du régime amaigrissant quand il est nécessaire!

Les crises:
Les débordements alimentaires jouent le rôle d'un déclencheur sur le terrain familial prédisposant: un repas riche en purines, les précurseurs alimentaires de l'acide urique, va faire bondir son taux dans le sang et déclencher la crise.
Les aliments responsables sont: surtout les abats, charcuteries, viandes rouges, noix d'apéritif, bouillons de viande, certains poissons (sardines harengs anchois, truite carpe brochet). Certains aliments n'apportent pas de purines mais peuvent déclencher des crises: alcool (surtout vins blancs et champagnes), graisses, voire d'autres aliments spécifiques à certaines personnes (champignons, chocolat).
La crise peut être aussi déclenchée par un traumatisme local, probablement parce qu'il désagrège un dépôt local d'acide urique. Typiquement, vous vous cognez le pied, pas méchamment, et dans les 24 heures, le gros orteil se met à doubler de volume et à vous faire chanter.
Enfin il existe des causes générales à la goutte, qui peuvent déclencher des accès même chez des personnes sans hérédité goutteuse. Ces causes doivent être cherchées attentivement chez les femmes, car la goutte primitive familiale est rarement féminine (5 fois moins fréquente chez les femmes). La cause la plus fréquente est la prise de diurétiques. Une intervention chirurgicale est une cause classique, car la résorption du saignement et des tissus lésés augmentent transitoirement le taux d'acide urique.

Traitement:
Votre médecin n'aura aucun mal à traiter votre crise de goutte. Les anti-inflammatoires et la colchicine sont efficaces. Une infiltration est plus puissante et plus rapide.
Une question plus épineuse est celle du traitement de fond. En l'absence de complications à long terme de l'excès chronique d'acide urique, il ne devrait pas être systématique. Il est parfois même prescrit en l'absence de crise de goutte préalable. Cela peut sembler raisonnable et prudent quand les taux sanguins d'acide urique sont très élevés, mais le bénéfice n'est pas démontré. Quand il y a eu complication, 2 situations se présentent:
1) Vous avez des crises répétées, s'enchaînant presque pour aboutir à un rhumatisme quasi-chronique. N'hésitez pas à prendre régulièrement votre traitement de fond. Attention, les débuts peuvent être difficiles: paradoxalement le démarrage du traitement de fond peut entraîner des accès goutteux, surtout s'il est irrégulièrement suivi: il entraîne des variations brutales du taux sanguin d'acide urique qui déclenchent les crises. Votre médecin vous conseillera la couverture prolongée par un anti-inflammatoire les premiers mois.
2) Vous avez des crises espacées, rapidement contrôlées par les anti-inflammatoires. La pilule quotidienne n'est peut-être pas indispensable, surtout si vous n'avez aucun autre traitement et que vous risquez de l'oublier fréquemment. Des mesures préventives telles que boire beaucoup et éviter la consommation (abusive) d'aliments et boissons riches en purines, devraient suffire. Ayez toujours quelques comprimés anti-inflammatoires d'avance car pris très tôt (beaucoup de gens sentent arriver la crise par des impressions désagréables dans l'articulation), ils peuvent bloquer très efficacement l'accès goutteux.

Régime anti-goutte:
Les purines sont les précurseurs alimentaires de l'acide urique, dont l'excès sanguin déclenche la goutte.

1

Aliments très riches en purines (150 à 1000mg pour 100g)

2

Aliments assez riches en purines (50 à 150mg pour 100g)

3

Aliments pauvres en purines (0 à 15mg pour 100g)

abats (ris de veau, foie, rognons, tripes)
bouillons de viande
charcuteries
poissons (sardines, anchois, harengs, truite, carpe, brochet)
viandes
autres poissons
fruits de mer
légumes (haricots, petits pois, lentilles, épinards)
autres légumes
fruits
lait
fromage
oeufs
céréales

Le régime anti-goutte: les aliments de la catégorie 1 sont proscrits. Ceux de la catégorie 2 doivent être pris en quantité modérée et de préférence pas tous les jours. A noter que les viandes jeunes sont les plus déconseillées; le poulet et le mouton sont celles qui contiennent le moins de purines. Les aliments de la catégorie 3 pourraient être consommés librement si le régime était seulement un régime pauvre en purines, mais c'est aussi un régime limitant les graisses. Préférez donc les laitages pauvres en matières grasses.
Attention, certains aliments contenant peu de purines sont pourtant connus pour déclencher des crises: alcool (surtout champagnes, bourgognes, bières fortes, porto), champignons, chocolat, asperge, oseille, rhubarbe... Cette susceptibilité est très individuelle (tel aliment déclenche une crise chez telle personne et pas chez une autre). Thé et café ne posent pas de problème.


Maladie de Lyme:
La maladie de Lyme est causée par une bactérie, Borrelia burgdorferi, qui infecte certaines tiques. La transmission se fait lors de la piqûre de tique. Les tiques sont présentes en zone forestière, le risque de piqûre existe surtout dans les sous-bois touffus. On les trouve partout en France sauf en altitude (pas au-dessus de 1500m) ni dans les zones inondées fréquemment ou très sèches (pourtour méditerranéen épargné). Les habitants de ces régions peuvent néanmoins s'être contaminés ailleurs.
A retenir: les piqûres de tique n'entraînent pas forcément toutes une maladie de Lyme parce que les tiques ne sont pas toutes infectées et que même si la tique est infectée seules certaines personnes vont faire la maladie.
Les signes:
-au début: rougeur qui s'étend progressivement à partir du point de piqûre, vaste (plus de 5 cm de diamètre). Elle disparaît ensuite à partir du centre. Elle peut s'accompagner d'un mauvais état général genre grippe. Quelques semaines à quelques mois plus tard peuvent survenir:
-douleurs, voire gonfement, des articulations. Les douleurs peuvent être diffuses, mais le gonflement ne touche en général qu'une ou quelques articulations.
-douleur aiguë d'un nerf et méningite discrète (nuque un peu raide). Il peut s'agir de n'importe quel nerf, celui d'un membre (sciatique par exemple, on fait la différence avec une hernie discale parce que vous n'avez pas du tout mal aux lombaires), de la face, d'un oeil.
A retenir: vous pouvez faire une maladie de Lyme sans aucun souvenir d'avoir été piqué. Cette piqûre peut dater d'un certain temps, la piqûre d'une tique adulte est assez douloureuse mais pas celle d'une larve.
Les formes anciennes de maladie de Lyme sont difficiles à diagnostiquer par les médecins car donnant des douleurs bizarres et variées. C'est une cause de "mal partout" à éliminer avant de parler de SPID. Une prise de sang apporte des arguments, mais pas toujours une certitude. Ces tests sont en train d'être améliorés.
Prévention:
Evitez de marcher dans les sous-bois touffus et de vous asseoir dans l'herbe haute. En cas de piqûre, tirez doucement sur la base de la mâchoire de la tique en tortillant de droite à gauche pour l'extraire. Ne pressez pas le corps de la tique et ne mettez pas d'éther (pour l'endormir!), cela a tendance à expulser le contenu de la tique dans la peau. Le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 heures. Une prévention par antibiotiques (une seule prise suffit) est très efficace mais n'est nécessaire que dans les zones à risque important. Elle est surtout utilisée en Amérique du Nord où certaines forêts sont pleines de tiques infectées; un vaccin a même été développé là-bas.
Le traitement des maladies de Lyme déclarées se fait aussi par antibiotiques (1 mois), mais il est moins efficace et ne vient pas toujours à bout des symptômes. Le médecin vous proposera alors les traitements classiques des arthrites, anti-inflammatoires et infiltrations.


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