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Tophus
(dépôts d'acide
urique dans
une goutte
ancienne)

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Rhumatisme
psoriasique
Ce rhumatisme apparaît chez 1 porteur sur 10 de psoriasis, une maladie
de peau familiale (plaques rouges épaisses qui pèlent).
L'affection cutanée et articulaire évoluent le plus souvent
indépendamment (vous pouvez être en poussée pour l'un
et pas pour l'autre). Parfois le rhumatisme précède l'éruption.
Le diagnostic est plus difficile. Il faut chercher cette éruption
dans les endroits qui ne sont pas sous vos yeux: cuir chevelu, faces d'extension
des coudes et des genoux (vous pouvez la confondre avec un cal tenace),
arrière des oreilles. La présence de psoriasis dans votre
famille est un argument important.
Le rhumatisme psoriasique diffère de la polyarthrite rhumatoïde
par une atteinte plus asymétrique des articulations (la PR touche
généralement de façon identique les mains droite
et gauche), l'atteinte des dernières articulations des doigts (qu'épargne
la PR), la moindre fréquence de destruction articulaire. Les traitements
de fond sont très proches de ceux de la PR, mais la cortisone est
moins facilement utilisée en continu car la maladie cutanée
peut devenir un peu dépendante de cette cortisone: elle flambe
si l'on baisse la dose. Avantages et inconvénients sont à
peser en fonction de la gravité du rhumatisme et des autres alternatives.
Rappelons les médicaments déconseillés en cas de
psoriasis (peuvent déclencher une poussée de l'éruption):
aspirine, lithium, beta-bloquants (utilisés dans hypertension et
arythmie cardiaque), de nombreux antibiotiques, produits de contraste
iodés (injectés avant certains examens radiologiques).
Lupus érythémateux disséminé
Environ dix fois plus rare que la polyarthrite rhumatoïde, ce rhumatisme
est potentiellement plus grave par la fréquence de l'atteinte des
organes internes: poumon, rein, foie, globules sanguins. Mais il existe
des lupus d'activités tellement différentes que nous ne
pouvons pas vous donner ici les éléments pour apprécier
la sévérité du vôtre. Certains se limitent
à la présence d'anticorps anormaux dans le sang et de vagues
douleurs articulaires, d'autres peuvent nécessiter des traitements
lourds à base de cortisone et autres dépresseurs du système
immunitaire.
Quelques points à connaître: démarre typiquement chez
une jeune femme (autour de la trentaine), ne détruit pas les articulations
(pas de déformations comme dans la polyarthrite rhumatoïde),
le seul préjudice esthétique est cutané (éruptions
volontiers déclenchées par le soleil), une grossesse peut
déclencher une poussée de la maladie mais est permise (si
le lupus est stabilisé), la cortisone est continuée voire
augmentée pendant la grossesse et après (l'accouchement
peut aussi déclencher une poussée), le bébé
risque d'en être marqué à la naissance (gros enfant
à tête lunaire, ça dépend de la dose reçue),
mais c'est entièrement et toujours réversible dans les premières
semaines, l'allaitement maternel n'est pas conseillé puisque la
cortisone est maintenue et va passer dans le lait.
Goutte
Maladie réputée comme étant
celle des bons vivants, presque honteuse, la goutte est en fait une affection génétique:
l'enzyme responsable de la dégradation de l'acide urique est moins
efficace et celui-ci s'accumule dans le sang. L'excès d'acide urique
peut provoquer la précipitation de petits cristaux d'urate dans
une articulation: celle-ci s'enflamme très très vivement.
Classiquement le goutteux atteint d'une crise au gros orteil ne supporte
même pas le contact d'un drap. L'excès dans les urines peut
aboutir à la formation d'un calcul, se révélant par
une colique néphrétique.
Malgré ces complications impressionnantes, la goutte reste une
maladie bénigne: il n'y a pas de complication à long terme
de l'excès d'acide urique, comme le donnent l'excès de cholestérol,
de sucre ou de tension artérielle. Pas d'encrassement des artères,
pas de lésions cérébrales, rétiniennes ou
cardiaques. Beaucoup de gens ignorent qu'ils ont, pour des raisons héréditaires,
un taux élevé d'acide urique et ne s'en plaindront jamais
au cours de leur vie.
Cependant, beaucoup de goutteux sont en surpoids, et ont d'autres facteurs
de risque pour leurs artères: diabète, hypertension
artérielle, cholestérol... Savoir que la goutte n'est pas dangereuse
pour les artères ne dispense pas du régime amaigrissant
quand il est nécessaire!
Les crises:
Les débordements alimentaires jouent le rôle d'un déclencheur
sur le terrain familial prédisposant: un repas riche en purines,
les précurseurs alimentaires de l'acide urique, va faire bondir
son taux dans le sang et déclencher la crise.
Les aliments responsables sont: surtout les abats, charcuteries,
viandes rouges, noix d'apéritif, bouillons de viande, certains poissons
(sardines harengs anchois, truite carpe brochet). Certains aliments n'apportent
pas de purines mais peuvent déclencher des crises: alcool (surtout
vins blancs et champagnes), graisses, voire d'autres aliments spécifiques
à certaines personnes (champignons, chocolat).
La crise peut être aussi déclenchée par un traumatisme
local, probablement parce qu'il désagrège un dépôt
local d'acide urique. Typiquement, vous vous cognez le pied, pas méchamment,
et dans les 24 heures, le gros orteil se met à doubler de volume
et à vous faire chanter.
Enfin il existe des causes générales à la goutte,
qui peuvent déclencher des accès même chez des personnes
sans hérédité goutteuse. Ces causes doivent être
cherchées attentivement chez les femmes, car la goutte primitive
familiale est rarement féminine (5 fois moins fréquente chez les
femmes). La cause la plus fréquente
est la prise de diurétiques. Une intervention chirurgicale est
une cause classique, car la résorption du saignement et des
tissus lésés augmentent transitoirement le taux d'acide
urique.
Traitement:
Votre médecin n'aura aucun mal à traiter votre crise de
goutte. Les anti-inflammatoires et la colchicine sont efficaces.
Une infiltration est plus puissante et plus rapide.
Une question plus épineuse
est celle du traitement de fond. En l'absence de complications à long
terme de l'excès
chronique d'acide urique, il ne devrait pas être systématique.
Il est parfois même prescrit en l'absence de crise de goutte
préalable.
Cela peut sembler raisonnable et prudent quand les taux sanguins
d'acide urique sont très élevés, mais le
bénéfice
n'est pas démontré. Quand il y a eu complication,
2 situations se présentent:
1) Vous avez des crises répétées, s'enchaînant
presque pour aboutir à un rhumatisme quasi-chronique. N'hésitez
pas à prendre régulièrement votre traitement de fond.
Attention, les débuts peuvent être difficiles: paradoxalement
le démarrage du traitement de fond peut entraîner des accès
goutteux, surtout s'il est irrégulièrement suivi: il entraîne
des variations brutales du taux sanguin d'acide urique qui déclenchent
les crises. Votre médecin vous conseillera la couverture prolongée
par un anti-inflammatoire les premiers mois.
2) Vous avez des crises espacées, rapidement contrôlées
par les anti-inflammatoires. La pilule quotidienne n'est peut-être
pas indispensable, surtout si vous n'avez aucun autre traitement et que
vous risquez de l'oublier fréquemment. Des mesures préventives
telles que boire beaucoup et éviter la consommation (abusive) d'aliments
et boissons riches en purines, devraient suffire. Ayez toujours quelques
comprimés anti-inflammatoires d'avance car pris très tôt
(beaucoup de gens sentent arriver la crise par des impressions désagréables
dans l'articulation), ils peuvent bloquer très efficacement l'accès
goutteux.
Régime
anti-goutte:
Les purines sont les précurseurs alimentaires de l'acide urique,
dont l'excès sanguin déclenche la goutte.
1
Aliments très riches en
purines (150 à 1000mg pour 100g) |
2
Aliments assez riches en purines
(50 à 150mg pour 100g) |
3
Aliments pauvres en purines (0 à 15mg
pour 100g) |
abats (ris
de veau, foie, rognons, tripes)
bouillons de viande
charcuteries
poissons (sardines, anchois, harengs, truite, carpe, brochet) |
viandes
autres poissons
fruits de mer
légumes (haricots, petits pois, lentilles, épinards) |
autres légumes
fruits
lait
fromage
oeufs
céréales |
Le régime
anti-goutte: les aliments de la catégorie 1 sont proscrits. Ceux
de la catégorie 2 doivent être pris en quantité modérée
et de préférence pas tous les jours. A noter que les viandes
jeunes sont les plus déconseillées; le poulet et le mouton
sont celles qui contiennent le moins de purines. Les aliments de la catégorie
3 pourraient être consommés librement si le régime
était seulement un régime pauvre en purines, mais c'est
aussi un régime limitant les graisses. Préférez donc
les laitages pauvres en matières grasses.
Attention, certains aliments contenant peu de purines sont pourtant connus
pour déclencher des crises: alcool (surtout champagnes, bourgognes,
bières fortes, porto), champignons, chocolat, asperge, oseille,
rhubarbe... Cette susceptibilité est très individuelle (tel
aliment déclenche une crise chez telle personne et pas chez une
autre). Thé et café ne posent pas de problème.
Maladie
de Lyme:
La maladie de Lyme est causée par une bactérie, Borrelia
burgdorferi, qui infecte certaines tiques. La transmission se fait
lors de la piqûre de tique. Les tiques sont présentes en
zone forestière, le risque de piqûre existe surtout dans
les sous-bois touffus. On les trouve partout en France sauf en altitude
(pas au-dessus de 1500m) ni dans les zones inondées fréquemment
ou très sèches (pourtour méditerranéen épargné).
Les habitants de ces régions peuvent néanmoins s'être
contaminés ailleurs.
A retenir: les piqûres de tique n'entraînent pas forcément
toutes une maladie de Lyme parce que les tiques ne sont pas toutes infectées
et que même si la tique est infectée seules certaines personnes
vont faire la maladie.
Les signes:
-au début: rougeur qui s'étend progressivement à
partir du point de piqûre, vaste (plus de 5 cm de diamètre).
Elle disparaît ensuite à partir du centre. Elle peut s'accompagner
d'un mauvais état général genre grippe. Quelques
semaines à quelques mois plus tard peuvent survenir:
-douleurs, voire gonfement, des articulations. Les douleurs peuvent être
diffuses, mais le gonflement ne touche en général qu'une
ou quelques articulations.
-douleur aiguë d'un nerf et méningite discrète (nuque
un peu raide). Il peut s'agir de n'importe quel nerf, celui d'un membre
(sciatique par exemple, on fait la différence avec une hernie
discale parce que vous n'avez pas du tout mal aux lombaires), de la face,
d'un oeil.
A retenir: vous pouvez faire une maladie de
Lyme sans aucun souvenir d'avoir été piqué. Cette piqûre peut dater
d'un certain temps, la piqûre d'une tique adulte est assez douloureuse
mais pas celle d'une larve.
Les formes anciennes de maladie de Lyme sont difficiles à diagnostiquer
par les médecins car donnant des douleurs bizarres et variées.
C'est une cause de "mal partout" à éliminer avant
de parler de SPID. Une prise de sang apporte
des arguments, mais pas toujours une certitude. Ces tests sont en train
d'être améliorés.
Prévention:
Evitez de marcher dans les sous-bois touffus et de vous asseoir dans
l'herbe haute. En cas de piqûre, tirez doucement sur la base de la mâchoire
de la tique en tortillant de droite à gauche pour l'extraire. Ne
pressez pas le corps de la tique et ne mettez pas d'éther (pour
l'endormir!), cela a tendance à expulser le contenu de la tique
dans la peau. Le risque de contamination est très faible si la
tique est retirée dans les 24 heures. Une prévention par
antibiotiques (une seule prise suffit) est très efficace mais n'est
nécessaire que dans les zones à risque important. Elle est
surtout utilisée en Amérique du Nord où certaines
forêts sont pleines de tiques infectées; un vaccin a même
été développé là-bas.
Le traitement des maladies de Lyme déclarées se fait
aussi par antibiotiques (1 mois), mais il est moins efficace et ne vient
pas toujours à bout des symptômes. Le médecin vous
proposera alors les traitements classiques des arthrites, anti-inflammatoires
et infiltrations.
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